Mardi, 10 janvier 2012

CHANTAL ROULEAU, FEMME DE L'ANNÉE 2011

C’est sans hésitation que l'équipe du journal La Métropole attribue à la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, le titre de femme de l’année.

 
Elle se sera nettement distinguée en attaquant directement la mafia, ce qui est un geste absolument spectaculaire partout dans le monde et encore plus ici au Québec, où la question de la corruption au niveau municipal est un tabou chez les politiciens. La loi de l’omertà s’applique à plein. Pas pour Chantal Rouleau qui, dès septembre dernier, alertait l’opinion publique sur les pressions exercées par la mafia pour prendre le contrôle des travaux d’infrastructures à Montréal.

Elle a révélé l’existence d’un système de partage territorial des travaux de construction au sein des clans mafieux. Du jamais vu dans l’histoire politique du Québec. De retour de vacances, elle a bien voulu commenter sa nomination. « Je suis très honorée. Beaucoup de citoyens m’ont dit que je leur ai redonné confiance en la politique. Il faut les comprendre, beaucoup de politiciens les ont tellement trompés qu’ils sont devenus cyniques. Et c’est pour cette raison que je suis dans cet univers, c’est pour apporter du changement ».

Sa première sortie publique contre la corruption n’a pas été préméditée. « Je n’en ai parlé à personne. Pas même à madame Harel, ni à mes proches. C’est lorsqu'Alain Gravel est venu m’interroger pour l’émission Enquête, à Radio-Canada, où l’on devait parler de tout autre chose, que la conversation est tombée sur une question d’un contrat précis dans mon arrondissement. Et c’est là que spontanément j’ai levé le voile sur ce que je savais du système en place ». Et loin d’avoir suscité la désapprobation, son témoignage lui a valu des félicitations des élus de tous les partis, de fonctionnaires, de représentants des forces policières. « J’ai eu des concitoyens qui se trouvaient en Gaspésie et qui ont appris la chose là-bas, en raison de l’appui public du maire Labeaume ».

LA SITUATION PERDURE

Au cours de sa première sortie de l’automne dernier, elle déclarait être exaspérée de voir que des entreprises en lien avec la mafia obtiennent des contrats dans son arrondissement tout simplement parce qu’ils offrent la plus basse soumission. Elle a demandé du même coup des amendements aux articles de la loi sur les Cités et villes pour abolir cette pratique d’adjudication des contrats. Au cours d’une entrevue à Radio-Canada elle a dit : « C’est honteux qu’on soit au courant de ça et qu’on ne puisse rien faire ». Et ce n’est pas près de changer. 

« Vous vous souvenez du ministre des Affaires municipales qui a dit à l’endroit des maires qui éprouveraient des problèmes, de lui faire parvenir les soumissions à problèmes? Qu’il s’en chargerait. C’est ce que j’ai fait. On m’a répondu qu’on ne pouvait rien faire ». Elle estime qu’il faudra maintenir la pression sur Québec. Elle n’avait pas fait mystère de sa crainte de représailles, mais elle s’est rendu compte d’une chose : « J’ai su que certaines personnes visées n’ont pas apprécié tellement. Mais la meilleure protection qui soit, c’est celle des médias ».  Elle a appelé à la mobilisation des citoyens, les appelant à descendre au besoin dans la rue pour dénoncer cet état de fait.

PÉRÉQUATION SCANDALEUSE

Ce qui choque le plus la mairesse, c’est l’attribution des enveloppes budgétaires par l’administration centrale de la mairie. « C’est absolument indécent. On fonctionne dans Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles avec le même budget qu’il y a dix ans. On a réussi à ne pas instaurer de taxe spéciale et à continuer à offrir de bons services. Mais imaginez qu’en dix ans, les coûts liés à l’énergie et les rémunérations des employés ont drôlement grimpé depuis ». En cours de conversation elle juge que « si la Ville avait géré son budget sans être à la merci d’attributions de contrats à des taux prohibitifs, nous ne serions jamais endettés comme maintenant et j'étais soumise à ces hauses de taxes répétitives ».

LA FAMEUSE LETTRE À CHAREST

Mais son geste le plus spectaculaire aura été cette lettre envoyée au premier ministre Jean Charest, réclamant la tenue d’une commission d’enquête sur la construction et où, d’entrée de jeu et sans détours, elle confirme : « La collusion est érigée en système à Montréal ». Le premier ministre se trouvant alors en Espagne avait pris la chose très au sérieux. Et quelques semaines plus tard, retournement de situation, lui qui ne voulait pas de cette commission d’enquête proclamait finalement sa tenue. On peut écrire sans l’ombre d’un doute que Mme Rouleau, par son grand courage, a été l’artisane de ce revirement. « Je suis certaine que c’est la goutte qui a fait déborder le vase ». Nous tenions à souligner ce haut fait d’arme.

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ushen - 14 novembre 2017
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