Lundi, 21 mars 2011

LE PONT CHAMPLAIN EST SÉCURITAIRE MAIS...

Le gouvernement fédéral et la Société les ponts Jacques-Cartier et Champlain (SPJCC) nient qu'une catastrophe soit imminente au pont Champlain, auquel ils ont néanmoins alloué, vendredi, une enveloppe de 158 M$ pour des réparations urgentes.

 
L'annonce en a été faite vendredi par le sénateur Larry Smith en compagnie du président directeur général de la Société, Glen Carlin, à la suite de la publication par le quotidien La Presse de deux rapports d'experts remis à Transports Canada indiquant que le pont Champlain est tellement fragile qu'il risque de s'écrouler et doit être remplacé rapidement par un nouveau pont. "Nous sommes très confiants que nous avons le contrôle sur la gestion des risques que représente le pont Champlain, a déclaré M. Carlin. Nous sommes confiants de son comportement."

Larry Smith a renchéri à plusieurs reprises sur ce thème: "Vous savez que les travaux vont assurer pour une période de temps que le pont (...) est sécuritaire et que nous serons capables de continuer à utiliser le pont avec le public qui pense que, au moins c'est 'safe'." M. Carlin a précisé que les autorités ne prendraient aucun risque dans le cas contraire. "Si jamais nous avons des soucis, nous allons prendre les mesures nécessaires, a-t-il répété. Si nécessaire, on fermera une voie, on fermera deux voies si nécessaire. Mais aujourd'hui, je peux vous rassurer que nous avons le dessus sur la dégradation de ce pont et que l'on va continuer avec notre programme de réfection."



Quant à l'érection d'une toute nouvelle infrastructure, le sénateur Smith a refusé de s'avancer, indiquant qu'il est encore trop tôt. "Nous ne pouvons pas dire ce que sera le prochain plan d'action mais tout le monde sait qu'il faut faire quelque chose. Mais vous savez que ça prend du temps entre la définition de la préfaisabilité et la construction et de compléter quelque chose de flambant neuf", a expliqué M. Smith.

Le maire de Brossard, Paul Leduc, qui assistait à la conférence de presse, n'a pas caché son insatisfaction. "Je suis très déçu de ce qui s'est passé ce matin parce que je m'attendais à ce qu'il y ait une annonce de la construction d'un nouveau pont." Et l'idée que cette annonce ait pu être retardée afin de coïncider avec une éventuelle campagne électorale a soulevé une certaine indignation de la part du maire. "Je ne veux pas faire de politique avec la sécurité des citoyens, a-t-il lancé. Je me dis qu'il y a un problème actuellement alors la responsabilité, c'est au gouvernement fédéral de la prendre." D'autant plus, a précisé M. Leduc, que l'Hôtel de ville a été débordé à la suite de la publication des rapports d'experts faisant état de la fragilité du pont actuel.

"Nous avons reçu beaucoup d'appels à l'Hôtel de ville hier (jeudi) après la sortie d'un rapport où on nous dit que le pont pourrait s'effondrer, a relaté le maire. C'est inquiétant pour la population. Il y a 21 000 passagers en autobus qui passent sur ce pont à tous les jours dans une voie à sens inverse qui a été conçue pour 3000 passagers. Ce n'est pas rassurant de prendre l'autobus le matin, dans un autobus chargé, bondé, et d'avoir entendu ou lu ce qui s'est écrit."

Son homologue montréalais, Gérald Tremblay, a indiqué que la question ne se posait même pas dans un tel contexte. "Quand on arrive dans une situation où il y a des risques (...) on en arrive à la conclusion que le pont le plus achalandé au Canada doit subir une cure de jeunesse et, pour ce faire, possiblement un autre pont en priorisant, évidemment, le transport en commun", a indiqué le maire Tremblay. Et l'occasion de l'adapter aux besoins et réalités d'aujourd'hui serait trop belle pour ne pas la saisir, a-t-il ajouté.

"Il faut absolument revoir le pont Champlain, inclure le transport en commun et, également, un projet structurant qui pourrait être un SLR (système léger sur rail) sur le pont Champlain; ça fait des années que les études ont toutes été faites. Ça prend une volonté politique pour favoriser davantage le transport en commun de la rive-sud à Montréal", a argué le maire Tremblay.

De son côté, le Bloc québécois a pressé le gouvernement fédéral de prendre rapidement une décision sur l'avenir du pont plutôt que de se contenter de mettre des pansements temporaires. Le député bloquiste de Jeanne-Le-Ber, Thierry St-Cyr, a reproché au ministre fédéral des Transports, Chuck Strahl, de mettre la sécurité de la population à risque en toute connaissance de cause. Il a fait valoir que le ministre avait les rapports inquiétants en mains depuis longtemps mais qu'il préfère toujours se réfugier derrière l'étude de préfaisabilité commandée en 2009 pour éviter d'investir les sommes importantes requises.

L'annonce fédérale de vendredi s'élevait, en tout, à 228 millions $. Outre les 158 millions qui seront consacrés au "corridor Champlain" (pont Champlain, pont de l'île-des-Soeurs, portion de l'autoroute 15 du pont Champlain à la sortie Atwater et autoroute Bonaventure), 70 millions $ seront investis dans la réfection d'autres ouvrages de la SPJCC, en l'occurrence le pont Jacques-Cartier, le pont Honoré-Mercier, le tunnel de Melocheville et l'estacade du pont Champlain.
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