Lundi, 21 janvier 2013

À GRANDS COUPS DE SOUFFLES CHAUDS

la reussite

« Dans la vie, on fait les choses par amour ou par manque d’amour. » - Richard Séguin

 

Le sujet de l’amour est inévitablement accompagné de son ombre, sa dualité, sa face cachée, soit cette invitée aux destinées différentes qui s’appuie sur le passé personnel de chacun, le manque d’amour. Être propulsé par l’amour sous-entend aussi la possibilité d’être pulvérisé par son absence. Tout ce qui monte doit redescendre. Et à l’instar de toute montgolfière qui a besoin d’air chaud pour prendre son envol et cesser d’être prisonnière du sol, l’âme humaine carbure aux douceurs, à la tendresse, à l’amour inconditionnel de sa mère, des gâteries de ses grands-parents et de l’accueil chaleureux de ses amis.

L’Homme a besoin de « souffles chauds » pour s’élever.

L’humain, tel qu’on le connaît, est capable du meilleur comme du pire. Au-delà des conditions défectueuses chez certains individus qui n’ont pas le sens de la réalité, de la notion du bien et du mal, les blessures d’amour que plusieurs portons en nous ont davantage dissous notre propre sentiment de valeur et de mérite d’être aimé, causant ainsi une cascade de comportements et réactions (inconscientes) tous plus maladroits et saboteurs que les autres. Nos manques d’amour – ou doutes d’avoir été aimé – de la part d’un parent ou d’une personne aimée sont intimement liés à notre incapacité de nous aimer correctement, et par conséquent, avoir le réflexe et les habiletés naturelles pour couvrir d’amour autrui - notre conjoint, membres de la famille, collègues, voisins, etc. Aimer la vie et aimer sa vie de façon douce, constante, subtile mais puissante, sont aussi conséquences à notre amour ou manque d’amour. 

À titre d’exemple, voici un extrait de ce qu’un ami avait envie de dire à une prétendante qu’il venait de rencontrer et dont il avait déjà peur que son intérêt envers lui se dissipe momentanément :

« Au cas où tu doutes d’une autre étape pour nous deux, j’ai envie que tu apprennes qui je suis vraiment avant de dire non à notre suite… »

En se relisant, il s’est « entendu se parler » à lui-même! Il sentait que c’était à lui qu’il  disait d’apprendre à se connaître avant de se dire non. Ouf! Ça frappe de réaliser que ce que l’on craint de voir s’ériger comme comportement chez l’autre n’est en fait que la manifestation de nos propres planchers fragiles. Mais surtout de se rendre compte que le message est d’apprendre à savoir qui nous sommes vraiment avant de se saboter, de se couper l’herbe sous le pied, de vouloir fuir aussitôt que ça brasse un peu.

Mais on est humain, non? On a le droit de douter, d’avoir peur de perdre l’autre, de ne plus être aimé, de ne plus être assez. C’est vrai que le plaisir c’est près de la douleur. Pas moyen d’être amoureux sans que ça fasse mal en quelque part un moment donné. Nous sommes ce que nous sommes. Mais nous le sommes parce que nous avons d’abord cru que nous l’étions. Or pour changer quoi que ce soit dans sa vie, pour transformer, renouveler, améliorer, effacer, revitaliser ce que nous sommes, il est impératif de redessiner le modèle que l’on a créé de soi. Du moins, accueillir et ensuite panser les blessures qui nous ont modelées jusqu’ici. L’arme de combat numéro un dans le jeu de l’amour sentimental, du métier, de ses enfants, son père et sa mère est l’estime de soi. Construit sur les tissages de l’amour, du respect et de l’admiration mutuels, le radeau en est un de connaissance et d’amour pour soi. 

« L’amour est une décision, un geste volontaire. » - Dr Scott Peck

Dans son petit chef d’œuvre que j’ai lu quatre fois au cours de ma vie, Scott Peck nous rappelle que l’amour est un choix. C’est l’amour qui nous fait faire le taxi pour nos enfants les week-ends, aller chercher son ami à l’autre bout de la ville en pleine nuit, agir en tant qu’aidant naturel auprès de son conjoint malade – comme Cloé Ste-Marie l’a fait avec son amoureux Gilles Carle. Or, l’amour est à ne pas confondre avec les envolées de phéromones sécrétées dans notre corps lors d’une première rencontre avec Roméo ou Juliette, Bonnie ou Clyde! Entre autres, une de nos richesses les plus importantes – surtout à la fin de notre passage ici – sera celle des gens que nous aurons touché, aimé, soigné, protégé, guidé, élevé, apprécié, validé, reconnu, respecté, considéré. Et non pas ceux que nous aurons impressionné, dominé, maté, jugé, méprisé, ridiculisé, dépouillé, humilié, insulté.   

« La lumière est trop douloureuse pour quiconque veut rester dans l’obscurité. » - Eckhart Tollé

Question de pousser la réflexion sur la rencontre amoureuse un peu plus loin, Eckart Tollé, dans « Le pouvoir du moment présent » nous rappelle l’essentiel dans le chapitre huit.

« La raison pour laquelle la relation amoureuse romantique est une expérience si intense et si universellement recherchée est la suivante : elle semble libérer les gens d’un sentiment profondément installé de peur, de besoin, de manque et d’incomplétude. » Or, comme il dit : « Le véritable salut, c’est la satisfaction, la paix et la vie dans leur plus grande plénitude. C’est être soi-même. Si, dans vos relations, vous connaissez aussi bien l’amour que son opposé, c’est-à-dire l’hostilité, la violence émotionnelle, etc., il est alors fort probable que vous confondiez amour et attachement de l’ego, amour et dépendance affective. L’amour vrai n’a pas d’ennemi. Si votre « amour » en a un, c’est que ce n’est pas de l’amour mais plutôt un grand besoin de l’ego de se sentir plus complètement et plus profondément soi. ». 

L’importance de faire la distinction entre l’amour, l’ego, nos dépendances, nos blessures et notre réel destin sur cette terre qui consiste principalement à se connaître en se développant, tout en ayant l’amour en soi qui rayonne en ce que nous faisons et sur les gens que nous côtoyons, est la vraie rencontre avec notre divinité. Et ça, c’est pour moi le meilleur manifeste que je peux vous soumettre aujourd’hui.

M’élever et donner le meilleur de moi-même pendant que les autres restent au sol, ça ne fait carrément aucun sens. « Souffler chaud » sur l’autre en dit beaucoup plus sur moi que quoique ce soit d’autre. La meilleure façon de décoller est d’élever les autres.

Pleins de « souffles chauds » pour vous.

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