Samedi, 18 juin 2011

« DIE WALKÜRE »: LEPAGE REVISITE WAGNER

L’univers de Wagner prend un nouveau sens chez Robert Lepage qui offre «Die Walküre», le deuxième volet de la tétralogie «Der Ring des Nibelung» qui se veut un opéra à la fois grandiloquent et intimiste.

 

Ce qu’il y a de bien avec The Metropolitan Opera, c’est que même si on n’habite pas New York, il est possible d’attraper leurs opus dans un cinéma près de chez vous. C’est le cas de la dernière création de Robert Lepage. Après avoir présenté le prologue L’Or du Rhin, il plonge au coeur de L’anneau du Nibelung avec sa suite La Walkyrie. Pas besoin d’avoir vu le premier tome pour être fasciné par le second.

L’histoire suit les amours illicites et vouées à l’échec entre Siegmund (Jonas Kaufmann) et Sieglinde (Eva-Maria Westbrock), de la colère du maître des dieux Wotan (Bryn Terfel), de la trahison de sa fille ailée Brünnhilde (Deborah Voigt, photo) et de sa terrible punition. Une tragédie séparée en trois actes et en deux entractes pour une durée totalisant près de 5 h 30! Comme d’habitude chez Robert Lepage (qui assure ici la mise en scène), le doute est constant. Est-ce que la forme prendra encore une fois la mesure du fond? Les premières minutes laissent croire que oui. Les éléments se déploient et ils étonnent.

De nombreuses poutres feront office d’arbres ou de ponts suspendus. Comme toujours les ombres auront beaucoup d’importance, notamment dans la façon de résumer le passé à la vitesse de l’éclair. Peu à peu cette poudre aux yeux disparaît pour se concentrer sur l’histoire qui a été concoctée à la fin du 19e siècle. L’action se rapproche des corps des personnages et la plupart des comédiens ne se laissent pas abattre par l’ampleur du projet. Bien que Jonas Kaufmann ne soit pas toujours à la hauteur de ses partenaires de jeu, le texte demeure limpide, l’émotion n’ayant aucune difficulté à filtrer.

La musique mémorable de Richard Wagner (ici dirigée avec passion et efficacité par le chef d’orchestre James Levine) et son récit qui puise dans des contes classiques et mythologiques (scandinaves, germaniques, grecs) sont des chefs-d’oeuvre du genre, ayant influencé une horde d’artistes qui vont de Tolkien pour The Lord of the Rings à Francis Ford Coppola pour Apocalypse Now. Lorsque le feu final se déploie, englobant tout sur son passage, la seule envie est de pouvoir attraper sa suite Siegfried le plus tôt possible. Non, l’attente ne sera pas une sinécure.

Les diffusions de l’opéra se dérouleront le 18 juin 2011 à 12 h et le 11 juillet à 18 h.

Source : showbizz.net

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