Vendredi, 25 juin 2010

DES MILLIERS DE QUÉBÉCOIS RASSEMBLÉS

Les quelque centaines de milliers de Québécois réunis au parc Maisonneuve, dans l'est de Montréal, ont un droit à un spectacle de la Fête nationale tout en français.

 
Les festivités de l'an dernier avaient été marquées par une certaine controverse, certains critiquant les organisateurs pour avoir invité des artistes anglophones à participer au grand spectacle. Cette année, les organisateurs n'ont pas pris de chance et n'ont invité que des artistes chantant dans la langue de Leclerc. Animé par Guy A. Lepage, pour la deuxième année consécutive, le spectacle mettait notamment en vedette Paul Piché, Coeur de pirate, Luck Mervil, Marie-Mai, Jonas, Dubmatique, Yann Perreau, Les Trois accords, Dumas et les Porn Flakes.

Dans une brève allocution, l'animateur de "Tout le monde en parle" a lancé un vibrant plaidoyer en faveur du français. Il a d'ailleurs comparé le Québec au village d'Astérix "sauf qu'on a pas de potion magique pour défendre (la langue française)". "On peut juste la transmettre, la respecter et l'aimer", a-t-il ajouté Mère Nature a donné un coup de main au spectacle, permettant à la foule de profiter des derniers rayons de soleil de la journée pour se laisser bercer au son de la musique. Les organisateurs disaient espérer attirer une foule de 260 000 personnes, tout comme l'an dernier.

Paul Piché, à qui un hommage devait être rendu, a lancé le spectacle en interprétant une de ses plus vieilles chansons: "Y'a pas grand chose dans l'ciel à soir". Les autres invités sont venus le rejoindre sur la scène.

Les participants devaient aussi saluer la mémoire de deux disparus: Gerry Boulet et Dédé Fortin. Plusieurs spectateurs étaient arrivés au parc plusieurs heures avant le début des festivités. Confortablement installé sur sa chaise de fortune, Richard Sicard est arrivé sur les lieux en milieu d'après-midi. Même la pluie n'a pas découragé celui qui assiste au spectacle de la Saint-Jean depuis plus de 20 ans. "Plus il y a de nations, mieux c'est", s'est-il contenté de dire au sujet de la fête 2010.

Les festivités se sont déroulées dans un calme relatif. Un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Daniel Lacoursière, a indiqué qu'il y avait eu 10 arrestations. Sept hommes, une femme et deux mineurs ont été arrêtés, principalement pour des violations à des règlements municipaux.

COUP D'ENVOI

C'est sous un ciel menaçant que le coup d'envoi des festivités de la Saint-Jean-Baptiste avait été donné, à 13h, aux angles des rues Fullum et Sherbrooke, à Montréal. Mais les milliers de spectateurs ont pu profiter au sec de la parade des Géants qui comptait cette année cinq nouvelles adhésions dont, pour la première fois, un personnage toujours vivant, le chanteur québécois Jean-Pierre Ferland. En plus des centaines de familles et de spectateurs venus assister à la parade, de nombreux politiciens ont aussi fait flotter leurs drapeaux du Québec au son des fanfares et des traditionnels rigodons.

Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a rappelé que les célébrations 2010 marquaient également les 20 ans de l'échec de l'accord du lac Meech. "C'est drôlement important", a-t-il commenté avant d'ajouter qu'en plus d'être fiers, les Québécois devraient être conséquents "pour que leur fierté s'épanouisse".

Le chef du Nouveau parti démocratique, Jack Layton, croit quant à lui que les Québécois avaient beaucoup de choses à célébrer jeudi puisque partout dans le monde, la province est chef de file pour sa créativité et la langue française. Ses propos ont été appuyés par son seul représentant au Québec, le député d'Outremont, Thomas Mulcair. Selon lui, cette créativité représente "la meilleure manière de préserver et de transmettre notre culture".

Pour la chef du Parti québécois, Pauline Marois, la province a trouvé cette année une manière "sereine" de célébrer la Fête nationale en français. "Cela ne veut pas dire que l'on rejette qui que ce soit mais il reste que l'on célèbre ce que nous sommes depuis 400 ans, ici, en Amérique, et nous sommes des francophones", a-t-elle répété.

L'ancien premier ministre du Québec et ancien chef du Parti québécois, Bernard Landry, a fait remarquer que les Québécois se souhaitaient de moins en moins "Bonne Saint-Jean" mais plutôt "Bonne fête nationale". Il estime cette nouveauté bénéfique puisque cela représente davantage la réalité d'aujourd'hui, où la religion est moins présente dans la société. Il a par ailleurs souligné la "magnifique" capacité d'intégration des Québécois. "Le Québec est une nation et non pas une race, cela veut dire que notre nation, elle est diversifiée, elle intègre et doit intégrer", a-t-il ajouté.

Ses paroles ont trouvé un écho parmi quelques célébrants, notamment Rachel Lacombe, 32 ans, qui a émigré au Québec il y a trois ans avec son mari. "Il y a beaucoup d'étrangers mais les gens s'accommodent tous, ils sont tous ensemble. Ce n'est pas juste la terre de quelqu'un, on est tous des immigrés", a commenté la mère d'une nouvelle Québécoise, la petite Coralie, trois mois. La famille Chowdhury, originaire du Bangladesh, était toute de bleu vêtue en début d'après-midi. Amia, 9 ans, est une enfant de la Saint-Jean. Née le 24 juin, elle s'est dite heureuse de célébrer les deux événements en même temps. Ses parents, Alok et Sarmista, ne tarissaient plus d'éloges à l'égard de la terre qui les a accueillis il y a 18 ans. "Les Québécois respectent toutes les cultures", ont-ils dit à l'unisson. "Ici, tout le monde est égal", a ajouté Sarmista Chowdhury, brandissant fièrement le fleurdelisé.

Né à Montréal, Jean-Paul Roy, 28 ans, a assisté au défilé comme chaque année avec ses quatre enfants. Il trouve important de leur transmettre "l'esprit du Québec", une province "qui accueille tout le monde". "On est un peuple ouvert d'esprit", a-t-il conclu joyeusement alors que la petite famille retournait chez elle après le défilé. Après avoir parcouru la rue Sherbrooke, le cortège a pris fin au parc Maisonneuve, où deux marionnettes surdimensionnées ont célébré leurs fiançailles, tout juste avant que Dame nature n'assombrisse la fête en milieu de journée avec une forte pluie.

De nombreuses fêtes de quartiers se sont aussi déroulées tout au cours de la journée. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est dit très heureux de voir que de plus en plus de personnes veulent célébrer la Fête nationale, et ce, "quelles que soient leurs origines, et leurs différences". "Cela nous rassemble", a-t-il fait remarquer, tout sourire.

 

Défilé de la Saint-Jean 2010
Québécoises, Québécois, bonne Fête nationale!
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