Mercredi, 13 février 2013

PREMIÈRE QUÉBÉCOISE : DEAD MAN WALKING

L’Opéra de Montréal poursuit sa 33e saison en frappant un grand coup : la première québécoise d’un des chefs-d’oeuvre de la scène lyrique du XXIe siècle, un drame poignant basé sur une histoire vraie.

 

Dead Man Walking narre la rencontre improbable entre une religieuse éprise de justice et un assassin. Le récit bouleversant de Soeur Helen Prejean, adapté au cinéma avec succès, a valu à Susan Sarandon l’Oscar de la meilleure actrice en 1996. En 2000, le dramaturge Terrence McNally, déjà connu des lyricophiles pour sa pièce Les leçons de Maria Callas, réécrit l’histoire pour en faire son premier livret d’opéra. Le compositeur américain Jake Heggie le met en musique, signant un oeuvre à la fois complexe et accessible.

Pas étonnant que ce drame de courage et de passion ait été repris près de 30 fois depuis sa création. À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, les 9, 12, 14 et 16 mars 2013, 19 h 30.

Sur scène, devant et derrière les barreaux, une distribution entièrement canadienne, où l’on reconnaîtra plusieurs anciens membres de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. Dans les rôles principaux, Allyson McHardy, mezzo très en demande sur les scènes du monde entier, incarne Soeur Helen, et le baryton Étienne Dupuis, étoile non seulement montante mais confirmée, endosse l’uniforme de prisonnier de Joseph De Rocher. Autour d’eux, Kimberly Barber (la mère de Joseph), Chantale Nurse (Soeur Rose), Mariateresa Magisano (Kitty Hart), Mia Lennox-Williams (Jane Boucher), Aidan Ferguson (Soeur Catherine), John Mac Master (Father Grenville), Thomas Goerz (Owen Hart), Alain Coulombe (George Benton), Kurt Lehmann (Howard Boucher) et Philip Kalmanovitch (un policier).

L’Orchestre Métropolitain et le Choeur de l’Opéra de Montréal sont sous la direction du chef britannique Wayne Marshall. Alain Gauthier règle la mise en scène, dans des décors de Harry Frehner et Scott Reid (qui signe aussi les costumes), éclairés par Éric W. Champoux. Chaque représentation est précédée d’un préOpéra par le musicologue Pierre Vachon au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier à 18 h 30 (en français avec résumé en anglais. Gratuit pour les abonnés, 5 $ pour les non-abonnés).

L’HISTOIRE

Une jeune religieuse travaillant avec les déshérités devient la correspondante de Joseph De Rocher, condamné pour meurtre et en attente d’être exécuté. Bravant la controverse, elle va à sa rencontre et devient son guide spirituel. Arrogant et insoumis, De Rocher refuse d’abord d’assumer sa responsabilité et même de reconnaître sa culpabilité. Au fil de ses rencontres avec le prisonnier, avec les parents des victimes et avec la famille de Joseph, Soeur Helen accomplit un intense voyage intérieur et aide Joseph à trouver son chemin vers la rédemption.

UN COMPOSITEUR D’OPÉRA DU XXIe SIÈCLE

Né en 1961, Jake Heggie a composé les opéras Moby Dick, Dead Man Walking, Three Decembers, The End of the Affair et To Hell and Back. Son catalogue comprend aussi quelque 200 mélodies, des pièces pour orchestre, pour choeur et de la musique de chambre. Récemment, le Dallas Opera lui passait la commande d’un nouvel opéra, Great Scott, dont la création est prévue pour 2015. Les opéras de Heggie ont été acclamés en Australie, au Canada, au Danemark, en Allemagne, en Suède, en Irlande, en Autriche, en Afrique du Sud, de même que sur plus d’une douzaine de scènes américaines dont le San Francisco Opera, le New York City Opera, le Houston Grand Opera, le Dallas Opera, le Seattle Opera, Fort Worth Opera, le Cincinnati Opera, le Pittsburgh Opera, le Austin Lyric Opera et le Madison Opera. 

Dead Man Walking à lui seul a été représenté près de 150 fois depuis sa création à San Francisco en 2000, ce qui en fait le deuxième opéra américain le plus souvent monté – Jake Heggie étant par ailleurs le compositeur d’opéra vivant le plus représenté au monde. Le librettiste Terrence McNally a plusieurs fois montré dans ses oeuvres son intérêt pour le monde de l’opéra avec trois pièces sur le sujet : Master Class (monté ici sous le titre Les leçons de Maria Callas), The Lisbon Traviata (qui raconte l’histoire d’un amateur d’opéra passionné) et Golden Age (où on assiste à un épisode de la vie de Bellini, l’auteur de Norma). Après avoir écrit les livrets d’une grande quantité de musicals à succès pour Broadway (Kiss of the Spider Woman, A Full Monty, Ragtime, entre autres), des pièces de théâtre couronnées de multiples récompenses, des scénarios pour le cinéma et la télévision, McNally signe ici son tout premier livret d’opéra. Son coup d’essai est un coup de maître.

CRIME ET CHÂTIMENT

Les scènes de prison abondent à l’opéra, de Fidelio au Dialogues des Carmélites, en passant par Faust et Billy Budd. On y rencontre aussi des exécutions, la plupart du temps en coulisses – celle du rôle-titre de Andrea Chénier – mais parfois aussi sur scène, comme celle de Cavaradossi dans Tosca. Mais jamais un opéra n’était allé aussi loin que Dead Man Walking. Depuis l’horrible double meurtre du prologue jusqu’à la scène de l’exécution par injection létale, d’une froideur clinique insoutenable, la mort est présente sur scène. À la fin de la première représentation à San Francisco, des spectateurs pleuraient sans retenue.

Jamais non plus un compositeur n’avait osé situer son oeuvre aussi proche du moment présent. Toutes les morts mentionnées plus haut avaient lieu dans un passé historique lointain, voire dans un monde imaginaire. Mais Jake Heggie choisit un thème percutant, digne de la première page d’un quotidien d’aujourd’hui ou du téléjournal. La réalité sur scène rejoint la réalité dans la rue : le soir de la première, en face du War Memorial Opera House, des opposants à la peine de mort tenaient une veille aux flambeaux. Une fois le rideau baissé, Soeur Helen n’a eu qu’à franchir les portes du théâtre pour aller les rejoindre.

ET L’AMOUR?

Dead Man Walking est une oeuvre de théâtre musical absolument vivante et passionnante. La mélodie y est présente, que ce soit par l’hymne gospel qu’on entend au début et à la fin de l’opéra, la chanson populaire qui joue à la radio pendant le prologue, de même que les vibrantes envolées lyriques des arias dignes des compositeurs du bel canto et les ensembles qui émaillent l’oeuvre. Fait intéressant : au moment de l’exécution, l’orchestre ose silence, comme si le compositeur avait jugé que le pouvoir d’expression de la musique atteignait là sa limite.

Dead Man Walking n’est pas un pamphlet anti peine de mort, ni une oeuvre de propagande, malgré les prises de positions très fermes de la femme qui l’a inspirée. C’est un drame qui saisit les nuances et les subtilités, voire l’humour, à l’intérieur et tout autour de son puissant thème central. Et comme dans tout opéra, il est question d’amour, même si c’en est un à des lieues de tout sentiment romantique. Outre l’amour de la justice et de la vérité qui anime l’héroïne, on voit naître un amour très chaste entre les deux protagonistes, à la fois filial et spirituel. Et c’est en toute logique que, au moment de sa mort, les derniers mots de Joseph De Rocher à Soeur Helen sont « Je vous aime ».

DEAD MAN WALKING
Opéra en 2 actes de Jake Heggie (né en 1961)
Livret de Terrence McNally d’après le livre La dernière marche de soeur Helen Prejean
Créé au War Memorial Hall Opera House, San Francisco, le 7 octobre 2000
Chanté en anglais, avec surtitres français et anglais
Production : Fort Worth Opera
Première à l’Opéra de Montréal et au Québec

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