Mardi, 24 avril 2012

FAUST : LE DIABLE BRÛLE LES PLANCHES…

FAUST, de Charles Gounod, sera présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts les 19, 22, 24 et 26 mai 2012 à 19 h 30.

 
L’Opéra de Montréal clôture sa 32e saison avec éclat en proposant une nouvelle production de l’un des piliers de l’opéra français. Faust, le chef-d’oeuvre de Charles Gounod, raconte un des grands mythes de l’humanité et contient des mélodies parmi les plus connues des amateurs d’opéra. Le metteur en scène Alain Gauthier, dont personne n’a oublié le triomphal doublé Pagliacci/Schicchi de 2009 (gagnant d’un Prix Opus), nous offre sa vision de cette histoire tour à tour tragique et comique, où le mysticisme côtoie le romantisme.

À la tête d’une distribution audacieuse : le père et le fils, Guy et Antoine Bélanger, tous deux ténors, se partagent le rôle de Faust – du jamais vu sur une scène d’opéra. Étoile montante en Europe et en Amérique du nord, le baryton québécois Etienne Dupuis s’empare avec panache du rôle de Valentin, aux côtés de la Marguerite de Mary Dunleavy, diva américaine applaudie sur les plus grandes scènes. Méphistophélès sera interprété par la sensation de l’heure, la jeune basse russe Alexander Vinogradov, qui s’est illustré déjà dans les meilleurs maisons d’Europe. Les décors sont signés du réputé scénographe Olivier Landreville, les costumes de l’Opéra de Montréal sont assemblés par Dominique Guindon, dans des éclairages de Martin Labrecque. Emmanuel Plasson, spécialiste de l’opéra français, fera ses débuts à la compagnie et dirigera l’Orchestre Métropolitain et le choeur de l’Opéra de Montréal, préparés par Claude Webster.

ENTRE LE SALON ET LA CHAPELLE…


Charles Gounod remporte à 21 ans le prestigieux prix de Rome, qui lui vaut un séjour dans la capitale italienne. C’est là qu’il découvre la musique de Palestrina, entendue à la Chapelle Sixtine, mais aussi les sonates de Beethoven, que lui joue Fanny Mendelssohn. De retour en France, il songe à entrer en religion et, pendant un moment, signe ses lettres « l’abbé Gounod ». Cependant une autre amie, la cantatrice Pauline Viardot lui fait comprendre que la renommée d’un compositeur passe par le théâtre. Après quelques opéras plus ou moins bien accueillis, Gounod remporte un triomphe fracassant avec Faust.

Si Mireille (1864) est un demi-succès, le sommet de la carrière de Gounod a lieu en 1867, année de l’Exposition universelle de Paris, où son Roméo et Juliette remporte les faveurs du public, au détriment même du Don Carlos de Verdi. De nos jours, le grand public connaît surtout Gounod pour deux morceaux : un Ave Maria, suave mélodie qu’il superposa sur le premier Prélude de Bach, et l’Air des bijoux (« Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir… ») que chantent Marguerite dans Faust et… la Castafiore dans Tintin ! Un air brillant, une pieuse prière : voilà qui résume bien le paradoxal Gounod, tour à tour mondain et mystique, bon père de famille mais s’oubliant dans les bras d’une belle Anglaise, Georgina Wheldon, qui lui kidnappe la partition de son opéra Polyeucte !

UNE COMPILATION DE GRANDS AIRS…

L’opéra est basé sur le chef-d’oeuvre du grand poète romantique allemand Goethe, qui s’était lui-même inspiré d’une légende médiévale. Dans une traduction très réussie du poète Gérard de Nerval, le Faust de Goethe faisait les délices de Gounod depuis son plus jeune âge. Pas étonnant qu’il ait craqué pour le livret qu’en tirent Jules Barbier et Michel Carré. Cette histoire d’amour sur fond de pacte avec le diable, c’est peut-être ce qui résume le mieux l’art de Gounod, avec ses morceaux enlevés, proches de la danse, ses mélodies sensuelles et ses vocalises brillantes mais de fréquents recours à la musique religieuse, notamment au cours de la scène de l’église – avec orgue – et du finale-apothéose, où l’héroïne monte aux cieux accompagnée d’un choeur d’anges !

Succès dès sa création, Faust devient très vite un pilier du répertoire : à Paris, du vivant de Gounod, l’oeuvre atteint les 500 représentations (1888). Entre la première représentation au Palais Garnier en 1875 et la célèbre reprise de Jorge Lavelli cent ans plus tard, Faust a été chanté pas moins de 2350 fois. Troisième opéra français le plus joué au monde, après Carmen et Les contes d’Hoffmann, la partition regorge de passages inoubliables, du genre de ceux qu’on retrouve sur les disques de « Grands succès ». De l’Air des bijoux au Choeur des soldats, en passant par la Sérénade de Méphisto, la chanson de Siébel (« Faites-lui mes aveux »), la cavatine de Faust (« Salut, demeure chaste et pure ») ou celle de Valentin (« Avant de quitter ces lieux »)… le nombre de hits à l’heure a rarement été aussi élevé !

L’ARGUMENT

Le docteur Faust, un vieux savant désillusionné, maudit la vie et envisage le suicide. Méphistophélès, le diable en personne, apparaît et lui fait une offre qu’il ne peut pas refuser : un pacte, qui rend à Faust sa jeunesse en échange de son âme… Sûr de lui, il séduit la belle et pure Marguerite. Abandonnée rapidement par Faust, Marguerite met au monde un enfant. Son frère Valentin la maudit en mourant au terme d’un duel truqué par le diable. Marguerite perd la raison, tue son enfant et se retrouve en prison. Faust lui propose de s’enfuir, mais elle refuse et meurt en implorant la clémence divine…

Opéra : Faust de Charles Gounod
Genre : opéra
Structure : en cinq actes
Langue : en français avec surtitres français et anglais
Livret : Jules Barbier et Michel Carré (d’après la pièce Faust et Marguerite de Michel Carré, elle-même tirée du Premier Faust de Johann Wolfgang von Goethe)
Création : Théâtre-Lyrique, Paris, le 19 mars 1859
Nouvelle production : Opéra de Montréal
Dernière présentation à l’Opéra de Montréal : septembre 1997

PLACE À L’OPÉRA : AUTOUR DE FAUST
Présenté conjointement par l’Opéra de Montréal et Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en collaboration avec le Centre Segal des arts de la scène, et animé par le musicologue Pierre Vachon.

8 mai 2012, 19 h 30 – CENTRE SEGAL – ESPACECINÉMA (EN ANGLAIS)
10 mai 2012, 19 h 30 – GRANDE BIBLIOTHÈQUE - AUDITORIUM

Invités :

- Steven Huebner, professeur de musicologie, Université McGill
- Jürgen Heizmann, professeur de littérature allemande, Université de Montréal

MÉTROPÉRA
Le dernier événement urbain de la saison en collaboration avec la STM a pour thème «Les grands succès de l’opéra» par les chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal.
Date : le mardi 15 mai à 16 h 45, station Berri-UQAM. Gratuit.

PRÉOPÉRA
Introduction à l’oeuvre par le musicologue Pierre Vachon avant chaque représentation, à 18 h 30 au Piano Nobile de la Place des Arts. Durée : 30 minutes.

Source : LaMetropole.com

PLACE DES ARTS

OPÉRA DE MONTRÉAL    
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