Vendredi, 2 avril 2010

UNE VISITE AU SALON DES VINS ET SPIRITUEUX

Le Salon des Vins et Spiritueux de Montréal 2010 a été un franc succès. Il a duré quatre jours (du 25 au 28 mars) et s’est tenu dans la Salle Riopelle du Palais des Congrès. De très beaux kiosques, bien aménagés, faciles d’accès. Le plan du salon affiché partout. La température de confort à l’intérieur invitait à la dégustation et à la découverte.

 
Côté Rive Gauche, il y avait Sylvestre & Frères, Fosters, Diageo, Francs Vins, Univins, Gallo, Italvine, Charton Hobbs, Global, Vin du Portugal, Mondia Alliance et SAQ Sélection. Côté Rive Droite : Diageo, Select Wines, Vins et Passions, Vinitor, Select Wines, Vins de France, Authentic, Mosaïq, AOC Châteaux et Domaines, Mark Antony, Dandurand, hall, Bruce Ashley, Corby, Élixirs, Société Clément, Daveluy, Importations Fortin, la Céleste Levure et la Maison de France. Tous regorgeaient d’excellentes bouteilles, défendues par des producteurs venus exprès de leurs lointains pays.

Je tiens à souligner le très beau kiosque de Tequilart, dont la propriétaire Olga Aguirre était tout sourire pour nous faire découvrir ses Tequilas Agave Bleu. Le kiosque de mon éditeur Samy Rabbat faisait connaître ses services de diffusion et de réseautage dans le monde des vins et de la gastronomie; il était voisin de celui de Cornellier Traiteur, qui distribuait un délicieux foie gras au torchon.

Chemin faisant, j’ai croisé mon ami Mathieu Turbide, dont le blog Méchant Raisin nous fait découvrir les secrets et les méandres du vin avec une grande rigueur journalistique depuis vingt ans. J’ai aussi rencontré nul autre que M. Claude Simoneau, une des fines bouches du Québec, dont la longue expérience dans le monde de la photographie et des vins fait de lui un incomparable compagnon de dégustation. À ma demande, nous avons fait un bout de chemin ensemble et nous nous sommes arrêtés au kiosque de Sylvestre Frères. Nous avons testé un Grand Cru Corton-Charlemagne 2002 blanc,  Côte d’or, Bourgogne France,  produit par Bouchard père et fils, fait à 100 % de Chardonnay, qui nous a été servi par le directeur de la qualité du vignoble, M. Géraud Aussendou. Un vin complexe, avec un bouquet fruité, une touche de pain grillé, sec au goût, de la minéralité, un soupçon amer, d’une grande élégance. Délicieux (exclusivité du Salon)!

Nous avons goûté ensuite un Bourgogne rouge, le Vigne de l’Enfant Jésus 1999, un autre produit de Bouchard père et fils, appellation Beaune 1er Cru Contrôlée, fait de Pinot Noir à 100 %.  Robe grenat assez claire. Bouquet riche de fruits cuits, d’épices, un peu de minéralité. Ample en bouche, complexe,  une finale longue et veloutée. C’est un vin avec beaucoup de charme (exclusivité du Salon).

Nous avons fait le tour du kiosque pour déguster deux Amarone faits comme il est habituel de Corvina, de Rondinella et de Molinara. D’abord le Corte Bra 2003, Amarone della Valpolicella Classico D.O.C.  Couleur rouge avec des reflets tirant vers l’orange. Bouquet fruité, myrtille, mûre, mais aussi épices; rond en bouche, des notes de cerise, de figue, de vanille. Une belle finale.  Disponible en importation privée (info@sylvestresfreres.com).

On nous a servi également un Amarone della Valpolicella Sartori 2005 D.O.C. Robe rouge grenat. Nez assez minéral mais aussi fleuri, violette, fruits rouges, viril, capiteux, charnu, une finale épicée, mais veloutée (SAQ 41,25 $).

Un peu plus loin, nous avons dit bonjour à Mme Élyse Lambert, porte-parole et ambassadrice du Salon cette année. Elle se prépare pour le Concours du Meilleur Sommelier du Monde, qui aura lieu au Chili en avril prochain, où elle représentera le Canada.

Au kiosque de La Fontaine, nous nous sommes arrêtés devant les vins du Château de Montfort. Ces vins sont sortis d’un conte de fées où une beauté nordique, Mari Artikainen, a épousé un châtelain français, Rodolphe de Pins. Ils vécurent heureux et … firent de bons vins dans leur cellier vieux de 500 ans. Les Côtes du Rhône du Château de Montfort sont reconnus pour leur élégance. Monsieur de Pins, qui dirige la propriété familiale depuis 1995, veille à ce que le travail se fasse au plus proche de la nature; il fait les vendanges à la main, « la vinification et l’élevage respectent les raisins et les arômes naturels ». Nous avons dégusté le Château de Montfort Comtesse Madeleine 2008 blanc, un cinq cépages : Viognier, Marsanne, Clairette, Bourbenienc et Picpoul. Belle robe jaune. Nez floral d’acacia et de chèvrefeuille, mais aussi de miel et de pamplemousse. Au goût, l’approche est festive, élégante, confiture d’abricot, miel, beaucoup de fraîcheur et une belle et longue finale (SAQ 28,85 $).

Ensuite, on nous a fait goûter le Vin de Monsieur le Baron, Vin de Pays du Gard 2008. Vin d’assemblage de 15 cépages du Rhône : 10 rouges et 5 blancs, vieilli en barriques de chêne français.  Belle robe rouge grenat, vin complexe, riche en arômes de fruits, framboise, myrtille, un soupçon de goyave, de coing, et aussi de cacao et de vanille. En bouche, charnu et élégant, avec une finale qui prolonge la sensation de délices (disponible en importation privée, 63 $ info@la-fontaine.ca).

La Halte Repas n’est certainement pas un endroit de haute gastronomie, mais un endroit indispensable  pour se reposer et pour rencontrer des gens intéressants. J’y ai justement parlé avec M. Ghislain Laflamme, le président des Sélections Mondiales des Vins, qui est un des Concours les plus importants en Amérique du Nord. Chaque année, 2000 produits, de 600 producteurs en provenance de 32 pays, se soumettent au verdict de 63 juges internationaux dans le but d’obtenir une des 3  médailles Grand Or, des 60 Or ou des 491 Argent. J’y ai rencontré aussi M. René Lafontaine, organisateur du Salon des Vins de Québec, du Salon des Nouveaux Arrivages de Québec et du Salon Passion Jura, qui se tiendra à la Maison du Gouverneur à Montréal, le 21 avril prochain.

Un Salon de Vins comme celui-ci est une caverne d’Ali Baba, qui regorge de trésors. J’ai été présenté à M. Jean-François Janoueix, un producteur qui possède plusieurs très beaux domaines en France. Il m’a parlé de son Château Haut-Sarpe, Saint-Émilion, Grand Cru Classé, qui est un des plus anciens et des plus réputés Saint-Émilion. Cette propriété a la particularité d’être la plus haute de Saint-Émilion, à plus de 400 mètres. J’ai été invité à déguster le millésime 2005. Magnifique robe cristalline rouge rubis, bouquet complexe fruité, fleuri, avec des notes de violette. C’est un vin de garde avec des tanins présents, mais tellement en harmonie avec le côté charnu. Un vin tout en élégance et une finale longue et délicieuse (SAQ 56,25 $).

M. Janoueix et son épouse Françoise sont des amoureux du Québec et font plusieurs visites par année à la belle Province. Ils m’ont convié à déguster un vin de Pommerol, 100 % Merlot. Il s’agissait du Château La Croix Toulifaut 2004, dont la bouteille exhibe une très belle étiquette créée par le peintre Fontanarose. Belle robe rouge profond, un  premier nez intense dominé par des arômes de baies noires confiturées. Deuxième nez complexe, notes d’épices grillées. Soyeux en bouche, il caresse vos papilles avec élégance. Une longue finale épicée qui prolonge votre plaisir.  (Importation privée 53 $  Charton Hobbs). Monsieur Janoueix est le fournisseur officiel de l’Élysée et ses vins sont servis dans les banquets présidentiels depuis plus de trente ans.

Je m’intéresse aux vins du Portugal et j’avais rendez-vous avec M. Pedro Lopes Vieira, le directeur à l’exportation d’un grand vignoble portugais, le Herdade do Esporão. Son cheminement personnel est intéressant; il  vient d’une famille de petits vignerons portugais qui travaillent la vigne de manière traditionnelle. En 2000, il rejoint Herdade do Esporão et se retrouve soudain dans une entreprise qui produit 2 millions de bouteilles par an, avec six collections de vins différents qui couvrent une vaste gamme, en mono et pluri cépages, des vins tranquilles et des mousseux, même des vins fortifiés.  Il m’a d’abord présenté quelques mono cépages : l’Esporao Verdelho 2009, un vin produit dans la région d’Alentejo, 100 % Verdelho.  Belle robe paille, nez exubérant de fruits tropicaux, kiwi, fruit de la passion et surtout mangue. En bouche, un peu de minéralité, une bonne acidité, beaucoup de fraîcheur, un bon équilibre, beaucoup d’intensité.

Après, nous avons dégusté l’Aragonès rouge 2005, 100 % Aragonès, couleur rouge intense. Arômes de fruits rouges, mais aussi de fruits tropicaux, un peu d’épices. En bouche, il est rond, intense, avec des tanins persistants. Une acidité en harmonie avec l’onctuosité. Ensuite, nous avons bu l’Esporao Branco Reserva 2008, un vin fait de trois cépages : Roupeiro, Arinto et Antão Vaz. Cette année l’étiquette est signée José Pedro Croft. Très belle robe paille avec des reflets de lime. Un vin charnu qui livre des arômes de bois, de vanille et de tangerine. Au palais, il est complexe, bien équilibré, mais a beaucoup de fraîcheur et d’élégance. Une belle persistance.

À ma demande, nous avons bu l’Esporao Reserva 2007 rouge, un multi-cépage fait d’Aragonês, de Trincadeira, de Cabernet Sauvignon et d'Alicante Bouschet. Robe très foncée. Arômes de fruits rouges : fraise, framboise, épices, boisé. Rond en bouche, avec persistance de fruits rouges et de vanille, beaucoup de corps, des tanins équilibrés mais très présents, ce qui fait de lui un vin de bonne garde. À la fois velouté et élégant, un peu de minéralité et une longue finale. Merci Pedro, c’était une joie de vous revoir!

Après avoir rencontré plusieurs amis, je suis allé saluer Mme Sévérine Chomat, directrice des ventes du Château duTariquet, qui produit de si bons Armagnacs. Elle était au kiosque de Mondia Alliance et faisait la présentation de la Blanche d’Armagnac AOC, qui est une eau de vie mise en bouteille directement de l’alembic, sans vieillissement en barrique. Arômes de fruits mûrs et en bouche, ronde et fruitée. (49 $ importation privée, tél. : 514 668-2427).

En passant devant le kiosque des Agences Whitehall, il était difficile de ne pas remarquer le Fresita, un mousseux du Chili infusé à la pulpe de fraise, qui lui donne une sympathique couleur rose. À lui seul, c’est presqu’un cocktail. (17 $ importation privée, info@whitehall.ca).

Au kiosque de la Céleste Levure, les Champagnes de la Maison Henriot exigeaient une halte. Ils sont produits depuis sept génération par la même famille.  Le Champagne Henriot Rosé Brut a une robe légèrement teintée de rose. De toutes petites bulles, des arômes de pamplemousse et de mandarine, mais aussi de fruits rouges, framboise, fraise. Beaucoup de fraîcheur en bouche, des notes florales persistantes, un bel équilibre (SAQ  89,25 $).

Le Blanc de Blancs de Champagne Henriot a une belle robe or tirant vers le vert, des arômes floraux : chèvrefeuille, jasmin, tilleul, fleur d’oranger, mais aussi abricot mûr et abricot sec, amande, pistache. Ample et puissante attaque en bouche, de très petites bulles, belle complexité et une longue finale (importation privée, info@lacelestelevure.ca).

Le Millésime 1996, de Champage Henriot. Robe dorée cristalline, intense. Arômes de vanille et de miel. En bouche, une fête, avec une rare harmonie entre l’acidité, les bulles, la fraîcheur et la minéralité. Une longue finale (SAQ 85,50 $).

Je me suis arrêté au kiosque d’Italvine et j’ai goûté au Passito di Pantelleria DOC. Un moscatel doux de la Sicile qui est un pur délice. Robe ambrée très belle, bouquet d’abricot de figues séchées et de figues mûres et de miel. Au goût, il est velouté et caressant. Une longue finale (SAQ 22,10 $).

J’ai eu beacoup de plaisir à rencontrer M. Antonio Virando, de Tasca d’Almerita, au kiosque d’Authentic. Cette maison sicilienne produit des vins charmants que j’avais dégustés et décrits l’année dernière. Cette année, j’ai goùté le Nozze d’Oro Contea di Sclafani DOC blanc 2006. Il est fait à 80 % de Inzolia et à 20 % de Sauvignon Tasca. Il a une robe jaune paille brillante. Un nez délicat de notes de pêche, de miel, de melon. En bouche il est intense, mais bien équilibré. Une finale fruitée très agréable. (SAQ 26,50 $)

Je me suis arrêté au kiosque de Global, où j’ai dégusté un délicieux Porto Cabral tawny 20 ans. Belle robe rouge tuile. Arômes de fruits cuits confiturés, avec un soupçon de café, de chocolat, de pain grillé. Texture onctueuse, beaucoup de fraîcheur et des tanins veloutés. Une longue finale. Magnifique! (SAQ 48,25 $). Monsieur Cabral a eu la gentillesse de m’offrir de m’ouvrir sa cave pour me faciliter l’écriture de la chronique des vins du Portugal que je prépare présentement.  Au kiosque des Châteaux et Domaines, j’ai trouvé le Crémant de Limoux, Cuvée Expression 2007 Antech. (SAQ. 18,85 $) et Le Crémant de Limoux Rosé Cuvée Émotion Antech (SAQ 24,75 $). J’ai eu la joie de goûter à plusieurs des crémants de cette maison, il y a quelques semaines au Languedoc.

Au même kiosque, j’ai eu le plaisir de rencontrer M. Luis Lourenço, producteur de vins dans la région de Dão, au Portugal.  Vigneron de longue date, il n’a commencé à embouteiller ses vins que dans les années 80. En 1997, il a acquis la Quinta Dos Roques et aujourd’hui, dans ses divers vignobles, il produit près de 200 000 bouteilles qu’il exporte dans une quinzaine de pays. Très gentiment, il m’a proposé de goûter à son Quinta das Maias Dao 2007, dont l’emblème est la fleur de genêts. C’est un vin d’assemblage fait à 65 % de Jaen et à 35 % de Tinta Amarela, Touriga Nacional et Tinta Roriz. Robe rubis. Arômes de poivre, de prune et de cassis prédominants. Ample en bouche, complexe, des tanins présents mais soyeux, acidité qui lui donne beaucoup de fraîcheur. Un vin de longue garde. (SAQ 17,40 $).

M. Lourenço m’a ensuite présenté  son Touriga Nacional 2005, Quinta dos Roques Dao, un mono cépage travaillé sans herbicide. Robe brillante, rouge foncé. Nez floral surtout violettes, pain grillé, fruits rouges, un peu de vanille. En bouche, il est complexe, équilibré, élégant, un peu de cuir et de pelure de mandarine, bonne acidité, des tanins fermes mais soyeux, Une longue et belle finale. Un vin promis à une longue garde.  (SAQ Spécialités 36 $). M. Lourenço a accepté gentiment de se faire photographier avec son épouse.

C’est en somme ce que quatre jours de Salon m’ont permis de découvrir ou de redécouvrir. Sur plus de 10 000 produits c’est peu, mais je suis heureux de penser que de belles années m’attendent encore. Ce Salon magnifique proposait plus de 100 conférences, pour tous les goûts. Un rendez-vous à ne pas manquer la prochaine fois!

Samyrabbat.com
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