Mercredi, 29 avril 2015

SE FAIRE SOIGNER À L’ÉTRANGER?

Photo: Dailymotion

Le tourisme médical, qu'il émane de personnes cherchant à se faire soigner ou de pays souhaitant fournir ces soins, suscite un intérêt grandissant à l'échelle mondiale depuis quelques années.

 

Selon Patients Without Borders, environ 11 millions de personnes voyagent à l'étranger afin de se faire soigner. Le marché mondial s'accroît à un rythme de 15 à 25 % par an et sa valeur est estimée entre 38,5 G$ et 55 G$. De nombreux pays d'Asie ayant fait activement la promotion du tourisme médical depuis dix ans sont devenus les principales destinations des touristes médicaux, tandis que des pays d'Amérique latine et du Moyen-Orient ont développé des installations hospitalières spécialement destinées à attirer des patients d'autres pays.

À l'heure actuelle, le nombre de Canadiens se rendant à l'étranger pour recevoir un traitement médical (447 M$ de dépenses en 2013) est supérieur à celui des touristes étrangers qui viennent se faire soigner au Canada (150 M$ de dépenses pour la même année). Par rapport à d'autres pays, ces chiffres restent relativement faibles. Le Canada a la possibilité de devenir une destination privilégiée pour les patients des États-Unis grâce à la langue, la proximité et la sécurité. Cependant, il devra agir de manière judicieuse et prudente s'il décide de lancer et de développer ce secteur.

En général, un pays a trois grandes raisons de développer le secteur du tourisme médical : stimuler son économie, générer des recettes pour l'amélioration des soins de santé et accroître l'efficience.

LE CANADA DEVRAIT-IL EMBOÎTER LE PAS?

Dans un nouveau rapport intitulé Les hôpitaux canadiens devraient-ils s'ouvrir au tourisme médical?, le Conference Board du Canada examine la situation actuelle du tourisme médical au Canada et à l'étranger, ainsi que les possibles avantages et risques qui y sont associés, comme une augmentation des temps d'attente et la création d'un système à deux vitesses pour les hôpitaux et le système de santé canadiens.

« Le Canada, qui investit plus de 200 G$ par an dans les soins de santé, s'est forgé une expertise et une expérience considérables dans un vaste éventail de domaines. Cet investissement massif pourrait servir à développer notre économie et à générer des recettes qui seraient réinjectées dans notre système de soins de santé, soutient Louis Thériault, vice-président, Politiques publiques, Conference Board du Canada. Cependant, pour que le Canada continue de développer son secteur du tourisme médical, il faut s'assurer d'y parvenir sans compromettre l'accès des Canadiens aux soins de santé. »

De leur côté, les détracteurs du tourisme médical au Canada affirment que cela augmenterait les temps d'attente, placerait le Canada sur la pente dangereuse de la privatisation et d'un système à deux vitesses, et irait à l'encontre des valeurs canadiennes comme l'équité et l'universalité en encourageant la commercialisation des soins de santé.

CONFERENCE BOARD DU CANADA

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