Lundi, 8 août 2016

JE ME SOUVIENS… DES EXPOS

On a tous un souvenir des Expos. Pour moi, plus jeune, c’était de passer des moments privilégiés avec mon regretté père à un match des Expos.

 

Je me souviens d’un match en particulier contre les Astros de Houston au parc Jarry. Nous étions très près de l’action, mon père avait crié tellement fort que le troisième but Art Howe avait échappé une très haute chandelle au troisième but, un jeu de routine habituellement. J’ai aussi frais en mémoire une bagarre générale contre les Dodgers de Los Angeles, alors que le bouillant arrêt-court Tim Foli avait lancé une balle directement sur Rick Auerbach.

Hal Breeden, le colosse premier but des Expos, avait empoigné le non moins imposant Willie Crawford par le chandail. Je me souviens aussi du tout premier match de Claude Raymond dans l’uniforme des Expos, "de Saint-Jean Québec Claude Raymond", de dire avec émotion l’annonceur maison Claude Mouton. Je me souviens également des retentissants coups de circuit de Willie Stargell et Willie McCovey dans la piscine, derrière la clôture du champ droit, de Jose «Coco» Laboy au troisième but, que j’ai retrouvé sur Facebook avec grand plaisir.



De John Boccabella, que l’annonceur Claude Mouton prenait plaisir à présenter. Je me souviens des débuts de Gary Carter au champ droit, de Mack Jones et Jonesville. Et comment oublier le tout premier match et cette victoire au parc Jarry contre les Cards de St-Louis en 1969, un moment magique! Il y a eu aussi les deux matchs sans point ni coup sûr de Bill Stoneman, on lui avait présenté une décapotable pour souligner l’exploit, les 70 victoires des Expos en 70. Le vendeur de peanuts qui lançaient des sacs avec une précision chirurgicale dans les dernières rangées, du gigueur qui dansait dans les sections au son de la musique de Fernand Lapierre à l’orgue.



Je me souviens aussi du premier match dans l’histoire des Expos au Shea Stadium de New York en présence du maire Drapeau. C’est d’ailleurs à New York que les Expos ont confirmé leur tout premier championnat dans leur histoire. Le déménagement des Expos du parc Jarry au stade Olympique a fait en sorte d’éloigner les partisans des joueurs. Les Expos auraient eu avantage à demeurer au parc Jarry et d’agrandir celui-ci. Il y a eu de la pression pour que les Expos déménagent au stade Olympique.



Mon plus beau souvenir du Stade olympique, c’est assurément le premier championnat des Expos, les trois circuits de Gary Carter dans un même match, le dernier match de Gary Carter dans l’uniforme des Expos, et son double à sa dernière apparition au bâton tout juste par-dessus la tête D’André Dawson alors avec les Cubs de Chicago. Du retour du grand Orange Rusty Staub, des performances excitantes de Pedro Martinez sur la butte, de Carlos Perez et de Bill «spaceman» Lee.



Les plus mauvais souvenirs, le «Black Monday», le circuit de Rick Monday contre Steve Rogers lors du match décisif, le dernier match des Expos au Sstade olympique, une grande tristesse, le fossoyeur des Expos Jacques Ménard et les vendeurs d’oeuvres d’art alias Petit Trot et Grand Galop.... Et ce sans oublier Claude Brochu qui a pris notre argent pis qui a sacré le camp, comme le dit la chanson.



POUR SERGE TOUCHETTE : LE CIRCUIT DE JÉRÔME


Serge Touchette a couvert les faits et gestes des Expos pendant plus d’une trentaine d’années pour le JDM. Il a été le seul journaliste francophone jusqu’en 2014 a avoir droit de vote au temple de la renommée du baseball. Et celui assurément avec qui j’ai eu le plus de plaisir à parler de baseball à la radio. Au nombre de ses nombreux souvenirs des Expos, il y en a un qui lui revient constamment à l’esprit.


«Je pense encore au circuit de trois points du petit Jerry White contre Jerry Reuss lors du troisième match de la série de championnat contre les Dodgers de Los Angeles en 1981. Il y avait plus de 50 000 spectateurs dans les gradins. Lorsque le petit Jérôme a fait contact avec la balle, j’ai ressenti comme une charge électrique. Je n’ai pas été le seul car 50 000 personnes se sont levées d’un seul trait. Jamais rien vu de pareil, et les Expos ont pris les devants 2-1 dans cette série trois de cinq. Ça sentait la série mondiale. Cela dit, j’ai bien d’autres souvenirs, mais celui-là me revient constamment à l’esprit», de me raconter le sympathique Serge Touchette, toujours très actif à 64 ans. On peut l’entendre sur les ondes de plusieurs stations radio commenter avec enthousiasme et humour les hauts faits d’armes des meilleurs joueurs de baseball sur la planète.


Photo: Jerry White en 1977

POUR TOM LAPOINTE : LA GRANDE CLASSE DE PEDRO MARTINEZ

Tom Lapointe a marqué le monde du sport au Québec, à un tel point que le JDM lui avait même réservé la page de Jacques Beauchamp après son décès. Il a fait son entrée par la grande porte au JDM, ce qui avait soulevé l’ire de certains journalistes de peu d’envergure consignés à des sports de deuxième ordre.



Il a eu l’occasion de rencontrer plusieurs personnalités sportives. Du nombre, Pedro Martinez aura été l'une de celles qui l’ont le plus marqué. «Étrangement, c’est un souvenir d’hiver. J’animais l’émission de fin de soirée «En prolongation» sur tout le réseau Télémédia, une émission de fin de soirée après le match du Canadien et des Roadrunners au roller hockey. La direction des Expos m’avait appelé pour me proposer une entrevue avec un dénommé... Pedro Martinez. Le frère de Ramon, des Dodgers de Los Angeles. Évidemment que j’avais accepté.



Ce soir-là de février 1994, il faisait un froid de canard, du genre -35° celsisus. Si froid que les statues se mettent les mains sur les oreilles sur le mont Royal. Pedro était arrivé en studio habillé comme le bonhomme carnaval. Il avait deux tuques, un foulard, portant presque un habit de ski doo. Il devait se sentir bien loin de chez lui en République Dominicaine. Il retira ses vêtements et il débuta l’entrevue avec la gentillesse et la discrétion des nouveaux venus. Je n’oublierai jamais ce sourire timide, mais sincère. Et il est devenu quelques années plus tard le grand lanceur qu’on connaît. Ce fut un très beau moment de complicité», de conclure Tom Lapointe, qui partage sa vie entre la France et la Californie, le meilleur des deux mondes.



LES LÉGENDES OUBLIÉES PRISE 2
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