Lundi, 1 août 2016

LES LÉGENDES OUBLIÉES PRISE 2

Au nombre des grands athlètes qui ont connu la gloire sur nos terres, il y a eu bien sûr Jackie Robinson, le premier noir dans le baseball majeur. Maurice Richard, il va sans dire, et combien d’autres. Il en a été question dans mon blogue précédent.

 
Mais saviez-vous que les immortels Babe Ruth et Lou Gehrig sont déjà venus au Québec? On m’avait déjà dit que Babe Ruth était venu à Montréal pour une promotion, mais j’ignorais qu’il était également venu à Hull-Gatineau. C’est un monsieur, Guy Laurin, un conseiller spécial auprès du club de baseball Hull-Volant dans la LBEQ (ligue baseball élite du Québec), qui m’en a fait part, et qui m’a fait parvenir des informations pertinentes sur la venue de Babe Ruth au Québec.

Il y a même une photo dans les bureaux de l’association athlétique et social Hull-Volant qui en fait foi.


Lou Gehrig et Babe Ruth au parc Dupuis à Hull, en 1928. Centre régional d’archives de l’Outaouais. Fonds de l’association Athlétique et sociale Hull-Volant (P39).

Cette association, soit dit en passant, est la deuxième plus vieille en Amérique du Nord.  Le journaliste Hugues Théôret, du Journal le Droit d’Ottawa-Gatineau, a fait un texte fort intéressant relatant la venue de Babe Ruth et Lou Gehrig. C’était le 15 octobre 1928 dans le cadre d’une tournée nord-américaine avec les deux grandes légendes. La même année, les Yankees de New York avaient gagné la Série mondiale. L’événement a eu lieu au parc Dupuis à Hull-Gatineau.

Le Droit annonça cette promotion en grande pompe: «Deux cogneurs sensationnels et deux habiles routiers joueront au parc Dupuis». Les deux joueurs étaient accompagnés d’un groupe de joueurs étoiles de Montréal. À l’époque, l’envolée d’un dirigeable allemand (c’était un peu avant la troisième guerre mondiale) dans le ciel du New Jersey a fait la manchette, mais la venue de Ruth et Gehrig a suscité quasi autant d’intérêt. Théo Lambert était le maire de Hull à l’époque, et il y avait un certain Gene… Coderre au sein du groupe.

Lors de cet événement, match amical de balle, Ruth n’avait frappé aucun circuit, cependant lui et Gehrig en avaient tellement frappé lors de l’exercice au bâton, que l’on craignait de manquer de balles. Babe Ruth a été le premier athlète, tous sports confondus, à gagner 100 000$ par année. En 1928, il touchait un salaire de 70 000$.



Gehrig, lui, touchait seulement 8 000$ par année, et cette tournée nord-américaine lui a permis de doubler cette somme. En 1927, les Yankees avaient terminé la saison avec une fiche de 110 victoires et 44 défaites. On raconte que c’était la meilleure équipe de l’histoire. L’immortel Babe Ruth était âgé de 32 ans à l’époque, il était en fin de carrière. Ruth avait frappé 60 circuits en 1927, et Gehrig (pourtant payé 62 000$ de moins) en avait frappé 47. Le baseball est assurément le sport qui a la plus riche tradition.


 
GABRIEL GRÉGOIRE PAS FIER DE SA BAGUE
 
Je croise souvent l’ex-joueur des Alouettes, Gabriel Grégoire, au match des Orioles d’Ahuntsic, au parc Gary Carter. Son fils joue pour les Orioles d’Ahuntsic, et le paternel manque rarement un match. Toujours de commerce agréable, Gaby. Lors d’une conversation avec des partisans, Gabriel Grégoire se souvenait de la conquête de la Coupe Grey en 1977 au Stade olympique. Il a encore frais en mémoire les détails du match.



Mais il a un moins bon souvenir de sa bague de la Coupe Grey, à un tel point qu’il garde la bague dans le fond d’un tiroir. «Tellement cheap comme bague, que le plastique dessus décolle. Le propriétaire de l’équipe n’a pas voulu investir dans les bagues, on m’a dit qu’il avait payé 69$ la bague», raconte en riant Gabriel Grégoire. Et même aujourd’hui, Grégoire ne pense pas qu’il pourrait obtenir plus de 100$ pour sa bague sur E bay. Alors si cela vous intéresse, Gaby a une bague à vendre.


 
LES AIGLES DE TROIS-RIVIÈRES : LA FIERTÉ DES TRIFLUVIENS
 
J’ai assisté la semaine dernière à un match des Aigles, dans la ligue Can-Am, au stade Stéréo Plus à Trois-Rivières. C’est un incontournable pour un amateur de baseball de faire un petit détour pour aller voir les Aigles. Ils ont connu toute une saison l’an dernier. Cette saison, c’est plus difficile. C’est souvent le cas après une année faste. Malgré tout, les partisans sont derrière leur équipe. Ils sont contents d’avoir une équipe de calibre professionnel dans leurs murs. Même si les Aigles tiraient de l’arrière 6-0 contre les Jackals de New Jersey après trois manches lors de mon passage, et que le lanceur partant Ryan Bollinger en arrachait, je n’ai pas entendu personne huer dans le stade.



Pour un instant, je me suis imaginé au stade Jarry à un match des Expos, c’était la belle époque. Il y avait toute une atmosphère, nous étions près de l’action. Il y avait Fernand Lapierre à l’orgue, et le gigueur dans les gradins. C’étaient nos Expos nos amours. Beaucoup d’action entre les manches, de promotions originales. Un animateur de foule très dynamique. Et un nouvel entraîneur-chef, T.J Stanton, qui s’implique déjà dans la communauté, et qui deviendra assurément très populaire à Trois-Rivières. Je l’ai vu avant le match échanger avec des partisans dans un français très respectable.



J’ai oui-dire qu’il y avait un mouvement à Montréal pour doter la métropole d’une équipe dans la ligue Can-Am. En attendant le retour des Expos, ce serait assurément fort intéressant. La ligue Can-Am offre du baseball de calibre avec l’ajout d’équipes cubaines la saison prochaine, ce sera d’autant plus intéressant. Je m’explique mal que Montréal n’ait pas encore une équipe dans la Can-Am. Le président de la ligue, Myles Wolf, ne demande pas mieux, les Aigles de Trois-Rivières et les Capitales de Québec non plus.



Le président de la Can-Am aimerait bien avoir une division canadienne dans son circuit, qui comprendrait également Ottawa. Et éventuellement cette nouvelle équipe pourrait devenir le club école des Expos. Comme à l’époque des Aigles de Trois-Rivières, qui furent le club ferme des Reds de Cincinnati, et les Carnavals de Québec qui étaient le club école des Expos. À Québec, l’organisation a rendu hommage à Gary Carter, qui a joué pour les Carnavals, en lui consacrant un mur.



Les Aigles ont un bijou de petit stade. Ça bouge à Trois-Rivières. Le maire Lévesque, dans l’ombre de Labaume et Coderre, ne fait pas que parler, il agit. Les travaux vont bon train pour la construction d’un nouvel amphithéâtre. Le maire Lévesque est aussi un fervent amateur de sport. Monsieur Martin, dynamique directeur-général des Aigles de Trois-Rivières, souhaite lui aussi ardemment que Montréal obtienne une équipe dans la Can-Am. Selon nos informations, le président Myles Wolf aurait laissé sous-entendre qu’un groupe de gens d’affaires de Montréal planche sur le projet, il a parlé de deux ans pour que tout cela se concrétise. La balle est dans le camp de... Montréal.
 
Une petite rapide en terminant, Ken Griffey Jr., nouvellement élu au temple de la renommée du baseball, est natif de Trois-Rivières.



LES LÉGENDES OUBLIÉES...
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