Mardi, 16 février 2016

RON FOURNIER: DÉJÀ TRENTE ANS!

Ron Fournier entreprend sa 30e saison au micro de « Bonsoir les sportifs ». J'ai toujours déploré l'arrivée en masse de « joueurnalistes » à la radio et à la télévision au cours des dernières années. Il faut aussi pointer du doigt les décideurs. Mais je n'ai rien contre ceux qui s'expriment dans un français respectable, qui ont de la suite dans les idées.

 
Marc Denis est un pro, Mario Tremblay tire bien son épingle du jeu. Michel Bergeron s'est beaucoup amélioré, et surtout il n'a pas la langue de bois. Mais il y a des limites: Gilbert Delorme et Georges Laraque… svp! Cependant, Ron Fournier est à sa place. D'ailleurs, j'ai toujours voulu participer à son  show  de radio. Ce sera peut-être dans une autre vie. Ron est dans une classe à part. Il est irremplaçable. Il n'y a que Ron qui peut se permettre de dire « Mario Lemieux est un grand fraîchier ».

Après une trentaine d'années dans le monde de la presse parlée et écrite, j'en ai rencontré des personnalités sportives, et réalisé plusieurs entrevues. Au nombre des personnalités les plus marquantes que j'ai interviewées, Ron Fournier vient en tête de liste. Voici donc une entrevue que j'ai réalisée il y a quelques années avec Ron Fournier.

DE L'ÉCOLE ST-VIATEUR À LA LNH

Ron rêvait de devenir officiel alors qu'il était enseignant suppléant à l'école St-Viateur. « Comme suppléant, je me retrouvais souvent dans des classes d'enfants turbulents. Je parvenais à capter leur attention en parlant de sport, et de mon rêve d'être un jour un arbitre dans la LNH. À cette époque, j'étais d'office comme arbitre dans des circuits mineurs pour arrondir mes fins de mois ». Parlant d'enfants turbulents, il en a connu deux dans la LNH. « Dave Tiger Williams et Ken Linseman ont tout fait pour me faire mal paraître ». Deux petits diables à qui Ron a tout de même donné son absolution! Ron a connu une carrière de 14 saisons comme officiel dans l’AMH et la LNH. Depuis une trentaine d'années, il est devenu le gourou du monde du sport au Québec. Il est passé à une autre dimension.



Que de chemin parcouru depuis par Ron Fournier dans le domaine des communications. Il a fait ses débuts avec feu Rhéaume « Rocky » Brisebois, puis il a travaillé avec le regretté Richard Garneau (Radio-Canada), Mario Tremblay, Pierre Trudel, Pierre Houde, Jean-Paul Chartrand, Paul Arcand (à ses débuts), et plusieurs autres depuis.

Ron est convaincu que parmi tout ce beau monde avec lequel il a travaillé, certains pourraient avoir des choses à lui reprocher, mais les critiques, qu'il prend toujours en considération, proviennent de sa conjointe Chantale, avec qui il partage sa vie depuis maintenant 24 ans. « Chantale me reproche souvent de prendre tout le plancher dans les soirées. Je raconte mes anecdotes les plus savoureuses, et j'oublie que ma blonde les écoute pour la 500e fois. Je me dois d'être plus à l'écoute ». Notre Ron national est aussi un être très distrait. Il a reçu la visite des pompiers à quelques occasions, à sa résidence secondaire de St-Lambert. Il oublie souvent son steak sur le poêle. « Notre détecteur de fumée est très sensible à la maison. Que voulez-vous, je l'aime bien cuit, mon steak ».

LA TÉLÉ S'INCLINE DEVANT RON

Ron n'a jamais eu besoin, contrairement à certains, de faire le tapis de salon devant un employeur. Ron a ralenti un peu; à un moment donné, il était partout. Nous pouvons toujours l'entendre à Bonsoir les sportifs au 98.5 fm. Ses expressions les plus colorées sont bien souvent rediffusées à l'émission « Puisqu'il faut se lever avec Paul Arcand » comme son bye, sa chanson Pacioretty, Pacioretty..., et bien sûr, son pas pire pas pire. La télévision est arrivée tardivement dans la vie de Ron.



« La télévision ne faisait pas partie de mon plan de carrière. Mike Piperni, de TQS, m'avait pressenti pour devenir le tout premier animateur de l'émission 110%. J'ai décliné son offre parce que cela ne m'intéressait pas vraiment de me taper toute cette route pour me rendre en studio chaque soir. Puis TVA, qui à l'époque avait délaissé les sports, voulait renouer avec les amateurs de sport. À la suite de l'alliance entre TVA et le groupe Corus, ceux-ci m'ont offert de faire des commentaires sportifs. J'ai accepté leur proposition, mais à certaines conditions. Il était hors de question que je me déplace. Le réseau TVA m'a alors aménagé un studio chez moi. Ce fut l'élément déclencheur. »

IL AIME LE CONTACT AVEC LE PUBLIC

Toute cette visibilité, cette popularité, Ron l'assume fort bien. « Je n'ai pas de problème avec ça. D'ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi René Lecavalier, qui fut assurément un des meilleurs pour décrire un match, s'était complètement isolé en fin de carrière. Il devait souffrir le martyre. C'est bien évident que je ne passe pas inaperçu, mais moi, j'adore le contact avec le public, et c'est pour cela que je continue. J'étais convaincu que je prendrais ma retraite à 50 ans, et me voilà encore derrière un micro à  67 ans. Comme arbitre j'envisageais la retraite à 45 ans, et j'ai finalement tiré ma révérence à 37 ans. »



IL PEUT DÉCROCHER

Ron profite pleinement de ses vacances pour refaire le plein d'énergie. En vacances, Ron est capable, lui, de décrocher. « Pas question de regarder un événement sportif à la télé. En mon absence, je demande que l'on conserve tous les journaux, de même que les bandes sonores des événements les plus marquants. Les vacances finies, je fais le tri pendant quelques jours, pour être au parfum à mon retour derrière le micro. »

Au cours des dernières années, Ron a visité, avec sa charmante conjointe, le Japon, le Vietnam, l'Italie, la Grèce et la Turquie. Ron, qui a déjà rêvé d'être le DG d'un club de baseball, vieillit bien. Sa conjointe Chantale s'assure qu'il s'alimente bien. Il prend un soin jaloux de sa condition physique. « Je fais du vélo l'été et de la raquette l'hiver. » L'heure de la retraite n'a pas encore sonné pour notre ténor du micro dans le monde du sport. Fort heureusement, d'ailleurs, pour ses nombreux auditeurs. Car Ron, il est unique, mes amis.

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