Mardi, 15 février 2011

FINIE LA RÉCRÉATION POUR LES DICTATEURS

Ahmadinejad (Iran)

Ils ne l’ont pas facile par les temps qui courent les dictateurs. Ils ont juste oublié que les révolutions naissent quand les gens ont faim.

 
Prenez l’Égypte. Le président sortant, Hosni Moubarak, a une fortune personnelle supérieure à 10 G$. Et son fils n’est pas très loin, avec quelques autres milliards. De quelle façon, à part un système établi de corruption, le bonhomme a-t-il pu s’enrichir de façon si odieuse? Certainement pas avec son traitement de président du pays. Les soi-disant petites enveloppes à Laval, à côté de ça c’est de la petite bière pour junior. Même chose pour Ben Ali, en Tunisie. Ils ont tous « fourré » leur population en raflant tout ce qu’ils étaient capables.


Fillon et Moubarak en 2007

On ne sait pas encore comment le système fonctionnait dans la terre des pharaons mais en Tunisie, le racket était systématique. Tu ne pouvais même pas t’ouvrir un kiosque à journaux sans devoir verser une quote-part à la famille Ali ou à celle de sa belle-famille, les Trabelsi. Imaginez! Le pays leur appartenait tout entier en propre. Et voilà que ça brasse en Algérie. Y’a du monde en furie là-bas contre le régime à poigne de Bouteflika. Mais comme le mot modération ne fait pas partie de leur vocabulaire, le peuple se charge à un moment donné de rappeler qu’il vient un temps où le party est fini.

DICTATURE ET DÉMOCRATIE

Avant même de réclamer la démocratie (qui en passant n’est pas un moindre mal) le peuple veut manger à sa faim et pouvoir vivre décemment. Vous connaissez la boutade? Un jour, on demanda quelle était la différence entre la dictature et la démocratie. Voici ce que fut la réponse. Dans une dictature, c’est tais-toi. Dans une démocratie, c’est cause toujours. Comme au Québec. J’y reviendrai un peu plus loin sur ce cher Québec. Prenez le cas de l’Égypte. Les mères ne parvenaient plus à pouvoir donner du lait à leurs enfants. C’est quand même fort. Et les dictateurs, trop cupides, n’ont pas eu une parcelle d’intelligence pour se mettre un tant soit peu à l’écoute des leurs.

Et ce n’est pas d’hier. Un livre vient de sortir sur les femmes des dictateurs. Il n’est pas encore arrivé dans nos librairies. Et qu’est-ce qu’on apprend? Pendant que les convois de la mort conduisaient les juifs vers Auschwitz, Eva Braun, la compagne d’Hitler, allait faire ses emplettes de souliers Ferragamo à Rome! Complètement hors d’ordre. Elle détestait Wolf, le Berger allemand du Führer, et ordonnait à ce dernier de l’enfermer dans sa chambre. C’étaient les grandes préoccupations de la compagne du maître du Reich. Plus superficiel que ça tu meurs.

Plus près de nous, on apprend dans le Nouvel Observateur, de la bouche d’un des militaires qui a accompagné le couple Ben Ali jusqu’à l’aéroport au moment de la fuite du leader tunisien. Première révélation, Ben Ali ne voulait pas partir. Il souhaitait faire face à la musique dans son pays. C’est sa terrible épouse Leïla qui l’a poussé dans l’avion, en jurant comme un charretier et en le traitant d’imbécile devant tout le monde. Sa famille immédiate, les Trabelsi, s’en sont mis plein les valises.

LA CHINE A LA FROUSSE

Le mouvement de soulèvement des peuples embrase pour le moment le Maghreb, mais l’onde de choc se ressent ailleurs. C’est ainsi que le gouvernement chinois est nullement intéressé à ce que les Chinois qui gagnent à peine de quoi se payer des nouille chaudes, s’inspirent de ce qui se passe ailleurs. C’est pourquoi il censure Internet. C’est qu’on aura beau dire, mais ces révolutions sont facilitées grâce au téléphone cellulaire et l’ordinateur. Les rassemblements se font sur un claquement de doigt. Vous connaissiez sans doute l’expression consacrée : au moyen du téléphone arabe. Qui était une façon d’exprimer que les communications allaient très vite dans ces pays.


Et maintenant, ce n’est plus une expression symbolique, mais une réalité. Les gens qui en arrachent se servent à plein de leurs outils de communication pour se solidariser davantage. On est loin des 500 amis de Facebook. En Chine, des signes avant-coureurs laissent voir que la classe laborieuse est aussi très mécontente. Je vous le dis, encore un peu et vous ne pourrez plus faire fonctionner les Chinois pour dix dollars par jour. Eux aussi regardent la télévision et ont des rêves matérialistes. Ils n’ont pas envie de passer leurs journées devant une statue de Bouddha à faire brûler de l’encens. Il vont se promener à Shangaï, qui est aussi impressionnante que Manhattan, déambulant encore à bicyclette tandis qu’ils se font doubler par de rutilantes BMW.

Déjà des ouvriers chinois travaillant pour des firmes japonaises en Chine, ont fait la grève, réclamant des hausses de salaires. Et ils ont eu gain de cause, sinon ils saccageaient tout. Et la Chine, malgré une milice redoutable, veut quand même garder la paix intérieure. Ne serait-ce que pour pouvoir continuer à approvisionner nos Dollarama. Et dans la foulée de ce que j’ai dit tantôt, si des usines ont fermé pour aller en Chine, en Inde ou au Mexique question de faire plus de bénéfices et payer leur monde avec des piécettes, ça ne pourra plus fonctionner longtemps comme ça. Et c’est tant mieux. Nous pourrons ainsi garder nos usines en Occident et préserver nos emplois. Je pense qu’on va se rapprocher d’une certaine équité mondiale pour tous les travailleurs.

LE QUÉBEC

Chez nous, on est encore capable de manger à sa faim. Quoique c’est scandaleux que des gens, qui pourtant travaillent, en soient réduits à fréquenter des banques alimentaires parce que dans les grandes surfaces, c’est rendu trop cher. Et que dans ce pays parmi les riches du monde industrialisé, des enfants ne puissent déjeuner avant d’aller à l’école est innommable. Et le gouvernement Charest qui jette l’argent par les fenêtres en osant affirmer être passé maître dans la saine gestion des finances publiques. La seule chose qui ne met pas encore le feu aux poudres, c’est qu’on peut réussir à bouffer. Mais rien n’est jamais acquis, et il faut s’ouvrir les yeux, les gens ont les poches vides. On est siphonné par des taxes abusives. On ne vit plus ici au Québec, on survit. L’heure est grave et les sourires pas mal plus rares. À votre place, M. Charest, je tendrais un peu l’oreille en bas de votre piédestal. Des messages vous sont envoyés. La démocratie à la « cause toujours » tire peut-être à sa fin.

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cenafoy - 20 juin 2018
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