Mercredi, 12 octobre 2016

DES DONS D’ORGANES

Lorsque venait le temps de renouveler son permis de conduire, on devait décider d’accepter ou non le don d’organes.

 

Les choix de réponses offerts étaient cependant limités à l’organe que nous acceptions de donner. La Régie de l’assurance maladie du Québec sollicite maintenant ces dons. Si on pouvait désigner à qui nous souhaiterions céder nos organes, les choix seraient vastes. Ils seraient possiblement aussi bénéfiques pour les personnes concernées et pour la société en général.

Ainsi, je cèderais un œil à mon cousin Daniel qui en a perdu un alors qu’il était enfant. L’autre, je l’offrirais au ministre des Finances pour qu’il puisse garder l’œil sur les fraudeurs qui ne payent pas d’impôts ou une juste part. Ce sera encore plus important dans le futur pour éviter que certains tentent de se montrer plus habiles que Donald Trump qui n’a pas payé d’impôts pendant 18 ans.

Je serais aussi fier de destiner mon système auditif à l’Église catholique pour qu’elle entende la souffrance des malades qui demandent l’aide médicale à mourir dans la dignité de façon à convaincre de leur erreur, les bonzes qui veulent leur refuser un service religieux à l’église.
Comme le suggérait une conférencière entendue récemment, je cèderais mon cerveau au ministre de la Santé. Lui-même médecin inutilisé, il a affirmé la semaine dernière que le Québec compte trop de médecins.

Il a ajouté qu’il faudrait réduire le nombre d’inscriptions en médecine dans les Universités. A-t-il oublié le nombre de médecins qui atteindront sous peu l’âge de la retraite ou qui y penseront sérieusement surtout à cause de ses exigences sans cesse croissantes? A-t-il tenu compte du grand nombre de jeunes femmes médecins qui ne travaillent pas à temps plein pour concilier travail et famille? Pas fort en calcul, le ministre, lorsqu’il n’est pas question de son futur salaire après son retour à la pratique de la médecine.



Mon cœur, cet organe si important, je le donnerais aux dirigeants d’entreprises qui abusent de leurs employés. Malheureusement, les receveurs éventuels n’auraient pas démontré par leur comportement antérieur une capacité d’empathie pour les travailleurs qui s’échinent physiquement ou qui endurent un milieu de travail dévalorisant et démoralisant. Rien ne garantirait le succès du don puisque les destinataires ont de prime abord le rejet facile.

Mes bras iraient au ministre de la Justice. Un servirait à allonger le bras de la justice qui n’est pas encore assez long pour attraper les malfaiteurs sans attente. L’autre aiderait à traiter les dossiers plus rapidement, puisqu’on entend trop souvent que le système judiciaire en a plein les bras.

Ma peau serait offerte aux syndiqués qui trop souvent, s’en remettent à des dirigeants syndicaux qui ne pensent qu’à leur lutte de pouvoir. Avant qu’ils aient votre peau, vous pourriez leur céder la mienne dorénavant inutile.

Je souhaiterais que mes doigts soient greffés à une personne qui les utiliserait pour soulager la douleur. Une massothérapeute qui grâce à son doigtée, prodiguerait des soins aux gens souffrants ferait l’affaire. Une personne veillant sur les poupons serait aussi un bon choix dans la mesure où elle ne se lasserait pas de caresser les tout-petits.

Mes pieds seraient offerts aux jeunes entrepreneurs pour les aider à mettre sur pied des entreprises solides qui assurerait leur richesse ainsi que celle de leurs partenaires (fournisseurs, employés et communautés).

J’ai appris récemment que l’on pouvait aussi donner ses veines. Je crois que le nouveau président de Bombardier en aurait besoin pour assurer le succès de cette entreprise. En effet, il lui faudra de la veine pour rassurer les actionnaires et les clients de façon à sauver les emplois des travailleurs qui vivent constamment sous la menace de mise à pied ou de relocalisation de leurs postes dans un autre pays.
 
Mon foie, je l’offrirais à mes coéquipiers de curling pour qu’ils aient foi en leur potentiel victorieux, mais aussi pour qu’ils aient le foie nécessaire pour supporter les excès lors des célébrations de la victoire.

Finalement, si la conscience était un organe, je donnerais avec empressement la mienne au premier ministre Philippe Couillard pour qu’il prenne conscience des irrégularités commises par son entourage et y mette fin. Cette nouvelle conscience susciterait possiblement chez lui des remords à laisser l’exécuteur de longue date des basses œuvres du Parti libéral, Jean-Marc Fournier, dire les insanités qu’il prononce constamment à l’Assemblée nationale.

Je précise en terminant qu’il n’y a pas d’urgence à distribuer mes organes. De plus, je ne fais pas ces offres en croyant être parfait, mais je suis convaincu que mes morceaux comportent du bon pour chacun des destinataires désignés.
ok