Vendredi, 22 juillet 2016

ENVIRONNEMENT: UN SONDAGE INHABITUEL

Désespérés de l’attitude des fonctionnaires du ministère de l’Environnement et de leur ministre, des écologistes ont réalisé un sondage inhabituel pour illustrer l’état réel de la situation au Québec. Ils ont en effet questionné la faune sur sa perception de nos espaces humides, de nos lacs, de nos rivières et du fleuve.

 

Écœurés d’être traités comme des poissons que l’on retourne dans la poêle ou que l’on roule dans la farine, ces défenseurs de la nature ont tiré une ligne à l’eau pour recueillir l’opinion des habitants de nos plans d’eau. Ils comptent aujourd’hui sur les médias pour diffuser les résultats de cette étude dont les conclusions se veulent claires comme de l’eau de roche.


Les brochets ont répondu à forte majorité que le fleuve devient annuellement de plus en plus pauvre en nourriture pour eux. Ils mentionnent à 82 % ne plus retrouver les petits poissons dont ils ont tant besoin pour se nourrir. Ils avancent que c’est comme si les déchets rejetés dans le fleuve brochaient leur nourriture au fond du fleuve parmi les sédiments.

On n’a pas pu obtenir l’opinion des ménés dans le cadre de ce sondage parce qu’ils demeuraient introuvables parmi les saletés transportées par les flots. Même si on lui tendait la perche, la perchaude frustrée a aussi refusé de répondre aux questions des environnementalistes. Ayant entendu par le passé beaucoup de beaux discours de politiciens promettant une préservation et une amélioration de la qualité de l’eau, la perchaude ne ferait plus confiance à la gent humaine. Y aurait-il vraiment anguille sous roche dans ces belles promesses? Ça barbote dans ce coin-là.



Les crapets réputés pour être laids se plaignent d’être devenus une cible recherchée des pêcheurs qui n’ont pas autre chose à se mettre sous la dent. Le doré jaune proclame qu’il existe encore même si les gens le confondent avec le doré noir à cause de l’impact de la qualité de l’eau sur sa couleur. Cette situation aurait empiré depuis le « flushgate », ce déversement de tonnes d’eaux usées à Montréal que l’on a retrouvées jusqu’à Sorel.

L’esturgeon se plaint, semble-t-il, de ne plus trouver d’endroits propres pour la ponte de ses œufs si recherchés par les gourmets. Les déchets odorants qui recouvrent les endroits de ponte habituels ne permettent pas le développement de sa progéniture et n’attirent pas les chercheurs d’œufs.

Le maskinongé et l’achigan affirment vouloir quitter la Mauricie pour la Rive-Sud, mais leurs vis-à-vis de la rivière Yamaska qui auraient pu les en dissuader ont péri par milliers récemment lors du débordement d’eaux usées à Saint-Hyacinthe. Encore là, le fleuve a reçu les effets secondaires de cette catastrophe.



Même si les carpes semblent occuper la majorité de l’espace sur la carte aquatique québécoise, on ne les sent pas heureuses de leurs nouveaux habitats. Le poulamon, longtemps perçu comme le poumon du fleuve ressemble de plus en plus aux photos sur les paquets de cigarettes et ne veut pas sortir de l’eau, honteux de son apparence.

Les éperlans roulent encore à l’occasion en bancs de poissons poussés vers la berge par les vagues, mais ils sont moins nombreux et plus petits parce que la nourriture de qualité se fait rare pour eux aussi. Cachée à des endroits insoupçonnés, la lotte rit pour le moment, mais a-t-elle choisi le bon numéro? Sa cachette est-elle vraiment sécuritaire pour assurer la survie de son espèce? Nous le saurons dans quelques générations.

La truite qui a depuis longtemps été la fierté de nos pêcheurs n’est pas fière de ce que deviennent nos cours d’eau et les saumons d’Anticosti auraient bien voulu avoir l’occasion de se prononcer avant que le ministre Heurtel autorise l’utilisation de 30 millions de litres d’eau de leur rivière pour effectuer trois tests de forage pour la prospection de pétrole de schiste.



Les rejets des eaux usées vont aussi affecter la santé des poissons. On sera loin de l’eau douce. Même les bélugas ont de la difficulté à se dire : « m’a m’y faire ».

De Beauharnois à Cacouna, les poissons nous disent qu’il serait temps que les fonctionnaires et politiciens ne se comportent plus comme des mollusques face aux intérêts financiers. Depuis le temps que cela dure, on devrait avoir développé une carapace et se comporter comme des crustacés en défenseurs de nos richesses naturelles. 

D’ailleurs, les rainettes faux-grillons de Laprairie et de Saint-Bruno de Montarville unissent leurs cris à ce sondage en demandant à être relocalisées dans un environnement propice à leur survie si le Québec veut continuer à développer des complexes immobiliers et autres.



BON, BAISER LA RUSSIE
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