Samedi, 26 novembre 2016

JUSTIN, LES « SELFIES », C’EST ASSEZ!

 

Notre premier ministre a mené sa campagne électorale en se comportant comme une vedette du monde du spectacle. Il se présentait comme jeune, dynamique, souriant et toujours accessible pour la prise d’un égoportrait immortalisant sa rencontre avec le public. Une fois, au pouvoir, il a conservé la même stratégie pour charmer les dirigeants des autres pays. Mission accomplie, il a contribué à redorer l’image du Canada au niveau international, image gravement ternie sous l’ère Harper.


Cependant, après plus d’un an au pouvoir, on serait en droit de s’attendre à des résultats tangibles, pas seulement à une belle image. Or, le gouvernement Trudeau ne réalise pas ses promesses électorales. Il met sur pied des comités d’études et des commissions d’enquête. Il en aurait annoncé quelques centaines au cours de la dernière année. Est-ce la confirmation que ce Parti cherchait à récupérer le pouvoir sans connaître les moyens à utiliser pour matérialiser ses promesses?



Cela ressemble à de l’improvisation. D’ailleurs, l’équipe libérale semble cachée dans l’ombre de son chef omniprésent. En effet, à part quelques apparitions de Bill Morneau, ministre des Finances et de Catherine McKenna, ministre de l’Environnement, Justin Trudeau semble seul. Manquerait-il de confiance envers les membres de son équipe comme Mario Dumont avec son entourage de l’ADQ qui passait pour des enfants d’école derrière leur professeur à l’Assemblée nationale du Québec.

Très volubile en ce qui a trait à l’environnement, le gouvernement libéral vient de reporter à 2050 l’atteinte de cibles agressives concernant la réduction des Gaz à Effets de Serre. Or, dans 34 ans, ce gouvernement aura quitté depuis longtemps le pouvoir et ne sera plus là pour rendre des comptes. Nous aurions plutôt souhaité un engagement à court terme et des moyens mis de l’avant sous peu. Encore là, silence radio, on discutera avec les provinces. Comme elles ne partagent pas toutes les mêmes objectifs, on tournera probablement en rond d’ici la prochaine élection et on pourra identifier des coupables, mais pas des solutions. Mille excuses, aucune bonne raison!

Lorsque j’entends un discours de Justin Trudeau, je remarque ses nombreuses hésitations et cela m’agace. J’ai l’impression qu’il cherche le bon mot pour que les gens entendent ce qu’ils souhaitent entendre, mais cela implique que cela n’est pas nécessairement la vérité ou la réalité.



Il est vrai que ce gouvernement a pris des décisions. La nomination des Sénateurs indépendants paraît être un beau geste, mais il est aussi questionnable. Rappelons-nous que le premier Sénateur québécois désigné, monsieur André Pratte, ex-éditorialiste de La Presse, a fait carrière au sein de ce média appartenant à la famille Desmarais, un journal ouvertement favorable aux Libéraux. Est-ce de l’indépendance... orientée?



La loi sur l’aide à mourir dans la dignité, quoique largement inspirée de celle du Québec, ne va pas aussi loin et comporte des zones grises qui compliquent son application. La mise sur pied d’une commission d’enquête nationale sur les femmes autochtones en annonçant un mandat de deux ans vient de repousser l’attente des femmes autochtones de Val-D’Or parce que le gouvernement provincial s’en remet à l’enquête nationale. Et le délai de deux ans est un minimum puisque ce type d’organisme demande régulièrement et obtient toujours une prolongation de son mandat avant que le rapport ne soit déposé, analysé et oublié. Pourquoi une autre enquête alors que des rapports d’enquêtes récentes existent?

Il est triste de constater aussi l’inaction de ce gouvernement dans le dossier de ses propres fonctionnaires dont quelques milliers ont vécu plusieurs mois sans salaire à cause d’un système informatique inefficace. C’est insuffisant de dire que le gouvernement précédent a choisi ce système de paye. Les libéraux détiennent le pouvoir et la responsabilité de régler ce problème.
Qu’arrivera-t-il lorsque le rouleau compresseur Trump voudra faire sa loi même cheznous? Justin Trudeau et lui n’ont aucune affinité et le Président américain ne se laissera pas amadouer par un « selfie » ou par le charme de Sophie Grégoire. Il n’a aucun intérêt pour les petites brunettes. Il a clairement démontré par le passé sa préférence pour les grandes blondes même si elles sont blondes jusqu’à la racine des cheveux.

Lorsque Justin Trudeau apparaît en public sans veston avec les manches de chemises roulées aux coudes, il veut laisser l’impression qu’il est à l’œuvre, mais encore là, c’est une image, il hésite encore et cherche les décisions à prendre et les gestes à poser.

J’ai souvent dit que les Canadiens ont élu une « Belle Gueule ». Or, au Québec, on sait très bien qu’une « Belle Gueule », c’est de la p’tite bière.
ok