Vendredi, 19 août 2016

LES JOUEURNALISTES, EST-CE NÉCESSAIRE?

Les nombreux bégaiements de Bruny Surin devenaient agaçants.

En regardant les Jeux olympiques à la télévision, j’ai été agacé par les commentaires de certains analystes invités.

 
En effet, la voix d’Éric Lucas n’avait pas le « punch » de ses coups comme boxeur. Il n’avait pas non plus l’enthousiasme de Bernard Barré qui faisait un excellent travail par le passé comme analyste de boxe aux Jeux olympiques. Le fait que Lucas puisse exprimer l’impact d’un coup reçu par un boxeur alors qu’il l’a déjà vécu lui-même aurait dû nous faire sentir la douleur qui en découle. Cependant, elle n’ajoutait rien à la description du combat. Ses commentaires étaient lents et peu animés. En conséquence, la description du combat demeurait terne.

Les nombreux bégaiements de Bruny Surin devenaient agaçants. Étaient-ils causés par l’énervement ou l’émotion? Peu importe. Bruny mérite tout notre respect comme médaillé d’or aux Jeux olympiques. Cependant, sa présence aux côtés de Pierre Houde pour analyser les prestations des coureurs apportait peu. Le fait qu’il ait rencontré un athlète lors d’une compétition antérieure n’ajoutait en rien à la qualité de la description de l’événement.



Quelle belle occasion manquée par Radio-Canada de réunir les frères Houde! L’expérience de Paul dans de tels événements et ses connaissances encyclopédiques des performances des athlètes auraient facilement remplacé les commentaires de Bruni Surin et de François Godbout. Imaginez le dynamisme de la description d’une course effrénée d’André de Grasse et de son voisin de corridor, Usain Bolt si elle avait été faite par Pierre et Paul Houde.

Certains sportifs, des exceptions, sont devenus d’excellents commentateurs et analystes pour décrire les compétitions. Pensons à Hélène Pelletier au tennis. Elle complète un excellent duo avec Yvan Ponton. Elle connait son tennis, elle émet des commentaires pertinents qui permettent de voir et de comprendre les techniques et les stratégies du sport. Annie Pelletier au plongeon a aussi des habiletés de communicatrices qui ne sont pas innées pour tous les athlètes. Elle aussi nous fait apprécier son sport.



Jean-Marie de Koninck qui n’est pas un Olympien lui-même, a cette capacité de démystifier la natation tout en partageant sa passion et ses connaissances. Pourquoi réussit-il à nous intéresser à son sport? D’abord et avant tout parce qu’il est un excellent communicateur. Voici le critère qui devrait primer lors du choix des analystes de sport lors de la télédiffusion de compétitions.

Une autre passionnée du sport qui réussit très bien dans ce domaine est Claudine Douville. Elle est avant tout une journaliste de sports, mais elle semble avoir développé une passion pour le soccer et le rugby dont elle a animé la description au point de faire découvrir ce sport à de nombreux téléspectateurs. C’est à croire qu’elle suscitait plus de réactions devant les téléviseurs qu’il n’y en avait dans les estrades presque vides lors de certains matchs. Partout, au travail, dans les transports et dans les réunions de famille, les gens mentionnaient avoir découvert le rugby à sept et avoir l’envie d’en voir encore après Rio.



Dans le sport professionnel, le même constat s’applique. Jacques Doucet et Rodger Brulotte n’ont pas leur égal pour décrire une partie de baseball même s’ils n’ont jamais pratiqué ce sport au niveau professionnel. Denis Casavant s’acquitte aussi très bien de la description d’une partie tant au baseball qu’au hockey en y donnant du rythme. Encore là, c’est un communicateur de carrière.

Les médias font trop souvent fausse route en meublant leurs studios de joueurnalistes pour commenter le sport. Qui se sent emporté par les commentaires de Guy Carbonneau ou de Mike Bossy? Nous leur devons respect comme joueurs. D’accord, mais c’est suffisant. On ne devrait pas nous les imposer pour commenter ou analyser une partie. Trop de chantres des vertus lointaines de la Sainte-Flanelle sont encore utilisés pour vénérer une équipe très moyenne.



Qu’on fasse appel à l’occasion à Guy Lafleur pour commenter une situation passe encore, mais Guy Lafleur ne s’est jamais imposé comme analyste parce qu’il n’a pas le charisme et les aptitudes pour le faire. Quand les directeurs de programmation ou réalisateurs des émissions comprendront-ils qu’ils auraient avantage à offrir une équipe de vrais communicateurs aguerris pour informer les gens? S’ils veulent donner un spectacle, ils ont toujours l’occasion d’engager le coloré Ron Fournier ou le controversé Michel Bergeron. Cela fera le travail.

LES ADVERSAIRES OLYMPIQUES
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