Vendredi, 3 mars 2017

MÊME LA MARMOTTE PEUT SE TROMPER

 

Récemment, une thérapeute qui s’acharne sur une de mes blessures depuis plusieurs mois sans obtenir tout le succès escompté me disait que la description et l’étendue de mes douleurs la portaient à croire que mon corps était devenu un baromètre. En effet, elle décelait l’impact de la pression atmosphérique dans les symptômes décrits.


Cela peut vous faire sourire, mais mon corps ne me fait pas sentir d’agréable façon les variations de température. Comme nous l’avons ressenti au cours de la dernière semaine, je me sens plus vieux. Mon état physique et mental était aussi variable. Moi aussi, je suis passé de sous zéro à plutôt gris. Les précipitations accumulées au début du mois se sont liquéfiées et répandues dans tout mon organisme qui a de la difficulté, comme certaines rivières, à contenir le trop-plein. D’où les tensions ressenties dans mes articulations. Comme un embâcle, ça craque de partout.



Je me sens fatigué, sans entrain et j’aurais besoin de sommeil pour oublier la douleur, mais celle-ci m’empêche parfois de dormir. Je souhaiterais pourtant pouvoir faire comme l’étudiant qui s’imagine être une rivière et pouvoir lui aussi, suivre son cours sans sortir de son lit. Cependant, certaines positions deviennent inconfortables et douloureuses, même au repos parce que mon corps comme la température n’a pas de répit.



Le simple fait de bouger constitue un risque de provoquer de nouvelles souffrances comme la météo lorsqu’elle change nous oblige à bouger et parfois à réveiller de vieilles douleurs. Ce fut mon cas lorsque j’ai répondu à l’appel de la pelle à neige.

J’ai atteint un âge où je pouvais espérer vivre « La vie en rose », mais comme le dit parfois mon ami Luc, cela se traduit trop souvent pour ma génération en arthrose, sclérose, psychose ou ostéoporose. Et non, ce n’est pas rose. À l’époque des climato-sceptiques, je suis peut-être devenu climato-sensible.

Je comprends les marmottes qui n’ont pas unanimement annoncé la fin de l’hiver d’ici six semaines. Elles préfèreraient probablement dormir et poursuivre leur hibernation, mais certaines d’entre elles avaient perçu un redoux hâtif. Leurs baromètres n’ont pas perçu les mêmes variations de température. Il est possible que tout comme moi, certaines ressentaient le besoin de plus de repos pour guérir leurs malaises.

Aujourd’hui, j’ai vu une volée d’outardes qui semblaient revenir au bercail alors que nous avons de la difficulté à imaginer que l’hiver soit terminé. Il est vrai que les champs dénudés peuvent les accueillir et leur procurer la nourriture dont elles ont besoin. Nous pouvons cependant, nous questionner sur leur motivation à quitter des terres accueillantes et un climat favorable si tôt pour revenir chez-nous. Auraient-elles eu peur elles aussi des décrets du nouveau Président qui dit vouloir protéger les siens contre l’invasion des immigrants illégaux?

Il contribue lui aussi à faire varier la pression de la planète et je comprends qu’il veuille limiter l’immigration pour éviter l’entrée de terroristes dans son pays. Après tout, il se réserve ce rôle pour lui seul et il réussit très bien à terroriser les gens différents de lui et les peuples qui ne pensent pas comme lui.

À quand une embellie? Le nuage noir au-dessus de nous a un impact sur nos humeurs.
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