Vendredi, 5 mai 2017

PETIT DONALD DANS SON CARRÉ DE SABLE

Souhaitons tous qu’il se tanne et qu’il décide : « Je ne joue plus. »

 


Nous rêvons tous à l’arrivée imminente de la belle température et les enfants ont hâte d’aller jouer dehors. C’est possiblement ce qui m’a amené à rêver à un événement qui a dû arriver il y a environ 65 ans.




Le petit Donald était alors déjà à l’œuvre dans son carré de sable. Il était très occupé. Il ne semblait pas s’amuser. Il avait l’air en mission. Son gigantesque carré de sable comportait différentes sections.

Au Sud, un désert isolé derrière un grand mur. Au Nord, des routes toutes crevassées, pas seulement des nids de poules par-ci par-là, mais plutôt des trous béants et parfois des routes coupées par des arbres brisés ou des cours d’eau.



Le petit Donald avait beaucoup de talent pour façonner le sable et même construire des petits châteaux qu’il appelait ses hôtels. Dans ses hôtels, il refusait certains visiteurs comme les dames qu’il disait habillées en Ninja. Après quelques explications, on comprenait qu’il s’agissait de femmes voilées. Pour lui, les Ninjas sont exclusivement des hommes et il n’acceptait pas que des femmes se déguisent en guerriers. Il mentionnait que parce qu’il ne pouvait pas voir si elles étaient belles et qu’il ne pouvait pas les toucher, il les refusait dans ses hôtels et les faisait même envoyer au Nord.

Il se justifiait en disant qu’elles étaient habillées pour faire face au grand froid du Nord. Questionné à savoir s’il leur manquait ainsi de respect, il répondait par la négative puisqu’il est écrit dans les commandements de Dieu : « au Nord ton père et ta mère ». Il précisait que ces femmes voilées devaient toutes être des mères puisqu’elles étaient constamment entourées d’enfants.



Une journée, Donald a façonné des canons et des bombes dirigés vers ses voisins. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il n’aimait pas ses voisins, il a répondu parce qu’ils sont tout près et ne pensent pas comme moi.

En cherchant à comprendre sa haine des voisins, nous avons appris que le défaut de monsieur Black était de ne pas avoir la peau blanche. De plus, petit Donald mentionnait que son grand-père avait dit que Black était « un ex-clave ». Lorsque son interlocuteur le corrigeait en précisant que son grand-père avait probablement dit : « esclave », petit Donald insistait : « non, il a dit un next-clave ».

Concernant l’autre voisin, monsieur Martinez, il expliquait qu’il ne parlait pas comme nous. De plus, il ajoutait que sa petite fille tentait d’être gentille, mais qu’elle avait le teint bronzé et qu’elle avait les cheveux très noirs. Or, déjà à cet âge, Donald avait une forte préférence pour les cheveux blonds.

Finalement, l’autre voisin, monsieur Baldwin avait bien un fils qui jouait à l’occasion avec petit Donald, mais ce n’était pas non plus le bonheur parfait. Petit Donald reprochait au jeune Alec de toujours vouloir faire comme lui, mais de se tromper. Il disait qu’il n’était pas bon et ne réussissait pas à faire comme lui parce qu’il n’était pas un bon copieur.



Encore aujourd’hui, peu de gens trouvent un accueil chaleureux de la part de Donald. Même ses proches ne font pas toujours partie de son parti. Il y a souvent du sable dans l’engrenage et rien ne fonctionne comme il le veut.

Est-ce que l’on peut dire que c’est parce que petit Donald a joué souvent dans le sable? Peut-être.

Souhaitons tous qu’il se tanne et qu’il décide : « Je ne joue plus. »
ok