Lundi, 6 février 2012

DR GUY TURCOTTE: LA PILULE NE PASSE PAS!

par
Guy Turcotte, incarcéré à Philippe-Pinel pour le meurtre sordide de ses deux enfants, Olivier et Anne-Sophie.

L'ex-cardiologue Guy Turcotte est de retour devant la Commission d'examen des troubles mentaux où il réclame sa libération de l'Institut Philippe-Pinel.

 
Ce qui traumatise son ex-conjointe Isabelle Gaston, qui nous a fait parvenir une lettre émouvante, plutôt un plaidoyer pour contrer la possible libération de son ex. Turcotte avait avoué avoir tué ses deux jeunes enfants de 3 et 5 ans en février 2009. Il est détenu depuis dans cette institution psychiatrique après avoir tété reconnu - contre toute attente - non criminellement responsable de ces meurtres, en juillet 2011. Un patient qui aurait beaucoup cheminé, selon son avocat Me Pierre Poupart. Un manipulateur psychopathe, selon Isabelle Gaston.

VOICI LA LETTRE QU'ELLE A FAIT FAIT PARVENIR À NOS BUREAUX
ET À LA COMMISSION DANS SON INTÉGRALITÉ (excepté les sous-titres).

«Chers membres de la Commission, être une victime, c'est difficile.
Quand on me regarde, les gens souffrent en s'imaginant à ma place.
Après quelques minutes, chacun retourne à sa réalité.
Moi, ma place est dans l'horreur.
Je dois vivre avec mes souvenirs, 24 h sur 24 h, 7 jours sur 7 et cela, pour le restant de ma vie.
Je suis une mère qui n'a plus d'enfants.
J'aimerais vous dire que je vais bien, que je n'ai aucune frustration et que la mort de mes enfants n'a rien changé à ma vie.
J'aimerais dire que je file le grand bonheur et que je suis heureuse des conclusions du procès et des divers intervenants de notre si «beau» système de justice.

PAS LE CAS

Vous réalisez que ce n'est pas le cas.
Le deuil est un phénomène complexe où défilent une multitude de sentiments, dont la colère et la tristesse.
De plus, ce qui m'agresse peut laisser les autres indifférents.
Il y a des dommages qui sont évidents et d'autres, plus subtils, mais tout aussi destructeurs.
Je suis une intellectuelle alors mes combats ne sont pas qu'émotifs.
Depuis la mort de mes enfants, je passe une bonne partie de mon temps à pleurer et depuis le verdict, je continue à pleurer, mais, lorsque je n'y arrive plus, je ne fais que penser et analyser la situation.
Avec ma déclaration de victime, je vous invite dans mes pensées, mais surtout dans mes combats pour ne pas sombrer, à mon tour, dans la colère et la vengeance.
Le 20 février 2009, deux êtres humains extraordinaires, Olivier et Anne-Sophie ont été assassinés.

C'EST L'ENFER

Perdre ses enfants, c'est horrible.
Savoir qu'ils ont souffert, c'est l'enfer.
Savoir qu'ils ont été charcutés et laissés seuls à mourir c'est impardonnable.
Mes enfants ont cessé de grandir et je vois ceux des autres progresser.
En silence, je pleure.
À chaque fête, chaque événement, je vis une torture.
Pendants que les autres racontent leur aventure, moi je me sens seule avec ma tristesse. Olivier ne lira jamais. Anne-Sophie ne prendra jamais l'autobus pour faire sa maternelle.
Depuis leur mort et pour toujours. je ne peux plus entendre: «je t'aime maman».



HORREUR!

Les conséquences sur ma famille sont incalculables.
On n'arrive plus à se parler comme avant. Je fais tout pour calmer la rage qui refait surface lorsque je pense aux tortures qu'Olivier et Anne-Sophie ont dû endurer.
Je suis médecin, je sais très bien ce que signifie 46 coups de couteau.
Je sais trop ce que ça sous-entend cracher du sang et tousser.
C'est que mon fils a cherché tant bien que mal à respirer. Anne-Sophie a arraché ses cheveux.
Le sang d'Olivier sur une joue et il a eu le temps de se retourner pour que d'autres sangs sèchent sur l'autre petite joue.
C'est l'horreur.
Ma colère est là et je dois apprendre à la gérer.
Je suis trop souffrante pour être en mesure d'offrir du support à mes proches.
Avant, je savais si bien le faire.
Il a tué mes enfants, mais également une partie du lien précieux qui m'unissait à ma mère et au restant de ma famille.

CONTRE-VÉRITÉ

Admettons qu'il dise vrai, que ses enfants étaient ce qu'il y avait de plus important pour lui.
Qu'il ait voulu épargner à Olivier et Anne-Sophie la souffrance qu'ils auraient eue de le retrouver mort.
N'est-il pas paradoxal qu'il les ait fait souffrir?
Un père qui tue ses enfants par maladie et parce qu'il a eu un moment de folie ne cherchera-t-il pas, dès qu'il réalisera ce qu'il a fait, à réparer sa faute?
En temps normal, ne devrait-il pas avoir de l'empathie pour le parent qui reste?
Si j'avais tué mes enfants dans un moment de folie, je ferais tout pour rendre la vie de monsieur Turcotte facile.
S'il avait tant aimé ses enfants, il serait capable de comprendre la souffrance que je vis.
Il n'en est rien.
Même après avoir tué ses enfants, sa frustration et sa colère ne semblaient pas assouvies.

ARGENT

L'argent était au centre de ses préoccupations.
Quelques jours seulement après la fin des funérailles, j'ai su qu'on voulait encore m'atteindre ou m'affaiblir et au lieu de me reposer, je devais me protéger.
Pour moi, quand on commet le pire du pire, il n'est pas normal d'agir comme monsieur l'a fait après les événements.
Il a commis des gestes d'une violence extrême et ensuite, il agit comme s'il n'avait rien fait.
Il pleure. Pour qui pleure-t-il?
Là est la véritable question.
Après les meurtres, il aurait dû s'arrêter.
Il ne l'a pas fait.
C'est pourquoi j'ai peur encore aujourd'hui.
Ce qui m'effraie davantage c'est que monsieur n'a personne dans son entourage qui l'a dissuadé dans ses réclamations.
Au contraire, il a des alliés qui l'ont aidé dans ses demandes sans le remettre en question.

TÉMOIGNAGE

Même lors de son témoignage, deux ans plus tard, monsieur n'a pas exprimé un regard critique par rapport aux gestes posés.
Dans le fait de réclamer le certificat de massage et les billets de spectacle de Marie-Mai, la chanteuse favorite de mes enfants, il faut voir bien plus que l'aspect pécuniaire.
Monsieur est toujours dans la colère et c'est ce qui me fait encore peur aujourd'hui.
Le 17 mai 2009, il me dira plein de choses, mais entre autres, «que j'ai du culot de l'appeler» sans exprimer aucun remords pour ses gestes.
Ensuite, fin mai, on a vidé le compte conjoint puis remis l'argent trois semaines plus tard.
On n'aura aucune compassion pour tous les tracas engendrés par ce geste.
Honoraire d'avocat, déclaration policière, rencontre à mon institution financière, etc.
Plus tard, on a utilisé mon identité pour obtenir des informations me concernant à ma compagnie d'assurances.
Je pourrais continuer mais ma conclusion serait toujours la même.
Il voulait me détruire davantage.
Pour lui, la mort de mes enfants n'était pas assez.

LA PEUR

Chers membres de la Commission, vous devez vivre avec le verdict.
Les jurés ont décidé, à la lumière des experts qui se sont présentés devant eux, que monsieur n'était pas criminellement responsable.
Maintenant, on s'en est remis à vous pour décider du sort de monsieur Turcotte.
Vous avez l'obligation de vous assurer qu'il ne représente plus un danger pour la société.
Comme je fais partie intégrante de cette société, je vous supplie de vous assurer que monsieur n'est plus une menace pour moi.
Avant de penser que je m'inquiète pour rien, que je suis de mauvaise foi et d'en arriver à la conclusion que monsieur présente un faible risque de récidive, j'aimerais vous dire pourquoi j'ai peur pour ma vie et ma sécurité.
Je suis la victime survivante de ce drame familial.
Une majorité des parents qui tuent leurs enfants apportent leur secret en se suicidant.
Dans presque un cas sur cinq, toute la famille est décimée.


Isabelle Gaston supplie la Commission de protéger sa vie à elle et la société contre son ex-conjoint.

DIX ANS

J'ai été la conjointe de monsieur Turcotte pendant dix ans.
Je suis, par conséquent, l'ultime témoin ayant côtoyé monsieur Turcotte au quotidien.
Je connais cet homme.
Si j'ai été la conjointe de monsieur, c'est que je reconnaissais, chez lui, de nombreuses qualités.
Par contre, derrière ces qualités, se cachent des lacunes humaines inimaginables.
Vous avez devant vous un être excessivement intelligent et extrêmement habile à manipuler les autres.
J'ai douté de mes instincts et de ses intentions.
Je le croyais capable de me faire du mal à moi, mais je ne pensais pas qu'il irait jusqu'à éliminer ses enfants pour m'atteindre.
Malgré l'escalade de violence, je n'ai pas porté attention aux signes.
Aujourd'hui, je reconnais que bien malgré moi, j'ai manqué de vigilance en banalisant la situation.
Je refuse de porter la honte des gestes posés par monsieur Turcotte mais je dois admettre que je me suis fait piéger.
La mort de mes enfants met en évidence une douloureuse prise de conscience de la dynamique de violence dont nous étions victimes, les enfants et moi.

MANIPULÉE

Ça m'a pris des années avant de m'apercevoir que j'ai été manipulée.
La manipulation passait par les enfants.
Nous devions tous être parfaits.
Notre milieu familial ne devait laisser transparaître aucune faille.
Monsieur devenait très frustré si les enfants étaient turbulents.
Il se contrôlait en dehors de la maison, mais devenait très amer et irrité une fois à la maison.
Il perdait facilement patience.
Il n'y avait pas de place pour la contestation ou le marchandage au risque de faire fâcher monsieur.
Il n'était pas souvent «en relation» avec les enfants, mais agissait comme s'il avait des tâches à accomplir.
Ainsi, il excellait dans ce qu'il avait à faire, mais était incapable d'analyser une problématique et d'y trouver des solutions.
Pendant des années, j'ai tenté d'éviter des conflits en étant organisée.
J'ai refoulé mes émotions et encaissé des provocations subtiles que monsieur faisait avec les enfants.
J'étais constamment dans le doute et la culpabilité.
Auprès de cette personne, je vivais de l'angoisse et du stress.
Dès que j'ai voulu retourner à mon travail pour m'accomplir en tant que professionnelle, les critiques à l'égard de mon rôle d'épouse et de mère ont commencé.

OPTIONS

J'avais 2 choix : me soumettre ou lutter en tentant d'exprimer mon point de vue.
Malheureusement pour Olivier et Anne-Sophie, je n'ai choisi ni l'une ni l'autre de ces options.
J'avais réalisé que pour Guy Turcotte, son image de père et médecin parfait, de même que l'image de la famille seraient toujours plus importantes que les besoins des membres de la famille.
Je ne parvenais plus à m'adapter pour éviter des conflits. Je n'ai pas eu le choix de me séparer pour éviter ma propre destruction.
Vos devrez vous méfier, car il très doué pour nous faire entrevoir la réalité telle qu'il la souhaite.
Ses idées étaient et sont encore profondément arrêtées.
Sa version constitue fréquemment la «seule» vérité faisant en sorte que l'échange devient une problématique dérangeante.
Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et ses opinions.
Il réussit souvent à inverser la situation, déformant ainsi la réalité.
Bien que je travaillais 2-3 jours par semaine, il s'est approprié le mérite de prendre majoritairement soin des enfants.
Il a prétendu travailler 4 jours/semaine.
C'est vrai, mais seulement une semaine sur cinq et sa journée de congé n'a jamais été dédiée aux enfants.

LA GARDE TOTALE

Quarante-huit heures avant les meurtres, il a confié à notre coach de vie, son intention de demander la garde totale des enfants.
Si son but n'était pas de m'éloigner de mes enfants, et par conséquent de me détruire, pourquoi agir de la sorte?
Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes et les situations.
Il dira que je lui ai enlevé sa maison.
C'est totalement faux.
Je lui ai offert à plus d'une occasion.
Il voulait, et s'en est même acheté une autre.
Sa frustration suite aux changements de serrures était reliée au fait qu'il perdait son contrôle sur moi.
Il évoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes.
Il dira faire des listes pour compenser sa détresse.
Que c'est un trait obsessif.
Faire la liste est une chose, la demander à une mère qui vient de perdre ses enfants en est une autre.
On ne perd pas notre jugement lorsqu'on a des traits obsessifs et compulsifs.

ATTAQUE

Ainsi, négocier, de payer la moitié des frais funéraires en échange de REER investi en 2002, est une attaque en bonne et due forme.
Imaginez ma réaction à la lecture de cette lettre.
Me faire du mal, encore et encore, voilà son objectif.
Et je suis persuadée que c'est le même aujourd'hui.
Il sait se placer en victime pour qu'on le plaigne.
La notion de sacrifice est très ancrée chez lui. Il attend les solutions.
Il tolère mal la critique.
Son regard change lorsqu'il contient sa frustration.
Il ment.
Il est égocentrique et n'a de l'empathie que pour ceux qui pourront lui être «utiles».
Par exemple, il s'offusque quand les gens de Piedmont lui réclament un troisième loyer alors qu'il leur a fait perdre des milliers de dollars sur la valeur de leur maison.

LIBRE

Plusieurs questions me reviennent sans cesse en tête:
«Comment puis-je savoir que sa destruction à mon égard est complétée?»
Comment puis-je m'assurer qu'il ne récidivera pas?
Quels sont les signes annonciateurs qui pourraient me protéger?
Aura-t-il des mécanismes pour affronter ses frustrations ou ses désirs de me blesser ou de blesser quelqu'un d'autre?
Jusqu'à maintenant, je n'ai eu aucune preuve qu'il en était capable.
S'il avait tout dans la vie et qu'il a été incapable d'aller chercher de l'aide, comment ferait-il maintenant qu'il a tout perdu?
Il a peu d'amis et il semble que ses parents n'entrevoient pas la réalité en bonne et due forme puisqu'ils paraissent prêts à tout pour qu'il soit libre.
Ces derniers, au lendemain des meurtres, voulaient que je parle à maître Poupart pour aider la cause de Guy sans même connaître les faits.
Je demeure dans la même maison et j'ai le même conjoint. Il n'est pas parvenu à me mettre à la rue et à complètement me détruire.
Si aujourd'hui, je suis encore coupable de son malheur, sera-t-il en mesure de contenir sa frustration?
Si vous êtes d'avis que monsieur Turcotte est un être malade, comment allons-nous faire pour reconnaître les signes d'une rechute?
Après tout, je n'ai pas vu la maladie mentale avant le drame.

LE JOUR MÊME

Sa mère n'a pas jugé qu'il fût si mal en point, puisqu'elle a attendu au lendemain, pour se rendre auprès de son fils.
Aucun collègue, tant médecin qu'infirmière, n'ont remarqué qu'il n'allait pas bien.
Le jour même des meurtres, il a travaillé en étant de garde aux urgences, à couvrir les réanimations cardiaques, les cas complexes à l'unité coronarienne, il a conduit une voiture, fait des achats, annulé des rendez-vous, s'est entraîné, etc.
Le plus perturbant, c'est bien que monsieur ait admis avoir eu des idées similaires en 2007, il n'a jamais cru bon de demander de l'aide.
Étant médecin, ce n'est pas les ressources qui manquaient.
Je croyais qu'il y aurait justice.
Je croyais que nos lois protégeaient la vie.
Il n'en est rien.

LA FAILLE

Depuis le 5 juillet, mes valeurs sont confrontées au système des règles en place.
Il y a eu une incompatibilité entre mon désir de respecter la décision du jury et mes convictions de ce que je sais être la vérité.
Entre le système légal et la réalité, il y a une faille dans laquelle je suis prise.
Le stress devient difficile à évacuer.
Ne pas respecter mes convictions me cause un conflit interne insupportable.
J'aimerais qu'on m'explique pour que je comprenne la situation.
Croyez-moi, j'y mets toutes mes capacités intellectuelles et tout mon raisonnement et je n'y arrive pas jusqu'à maintenant, personne n'est parvenu à m'expliquer.
Je me sens abandonnée par notre système de justice.
J'ai l'impression que bien des gens se ferment les yeux et que l'on continue en s'excusant sur la décision prise par un autre.

PROFONDE DÉCEPTION

Sans scrupule, on ne fait que déjouer des règles.
Les avocats de la défense ont longuement habillé la réalité pour qu'on ne reconnaisse même plus les faits tels que je les ai vécus.
Chacun met une distance entre sa décision et les conséquences de celle-ci.
À plusieurs égards, on a oublié mon fils et ma fille.
Professionnellement, pendant plusieurs mois, j'ai été incapable de travailler comme avant.
Par moment, j'arrive encore difficilement à gérer l'anxiété.
Des événements anodins déclenchent chez moi des crises de panique.
A chaque jour qui passe, depuis le procès, je suis profondément déçue de ma profession de médecin.
Pour moi, le concepts psychiatriques présentés au procès ont servi à excuser et justifier les gestes posés sur deux petites victimes.

DROIT À LA VIE

On a préféré mettre en avant-plan la souffrance de monsieur Turcotte au détriment de la souffrance injuste subie par deux jeunes enfants qui avaient le droit à la vie, le droit d'être protégés et mis en sécurité.
Ça me demande énormément d'énergie pour comprendre et lâcher prise.
Lorsque je relis leur expertise, je me sens agressée personnellement et professionnellement.
Leurs concepts sont en opposition avec ce que j'ai appris durant ma formation médicale.
Je suis épuisée.
Mes enfants, si merveilleux, ont été la proie d'un homme en trouble d'adaptation avec crise suicidaire aiguë le rendant irresponsable?
Je ne peux gober cette théorie.

SUICIDE ET MEURTRE

Parce que je suis médecin, je sais très bien ce que c'est un trouble d'adaptation avec une crise suicidaire.
Je sais ce que ça signifie.
Le rôle de l'urgentologue, avant de demander une consultation et une prise en charge par le psychiatre, est d'évaluer et de donner des soins.
Par conséquent, j'ai vu de nombreuses personnes en psychose, en dépression ou en souffrance d'une autre maladie mentale ou d'un trouble de la personnalité.
Contrairement aux psychiatres Dominique Bourget du Royal Ottawa et Roch Hugues Bouchard, de l'Institut psychiatrique de Québec, je ne crois pas qu'un trouble d'adaptation et une crise suicidaire peuvent mener une personne à tuer en n'étant pas responsable de ses gestes.
Que Guy Turcotte ait voulu se suicider ou non, pour moi, le mot suicide élargi est synonyme de meurtre.
Les psychiatres ont interprété des courriels, mon ex-relation conjugale et bien d'autres choses sans jamais s'adresser directement à moi.

EN VIE

On dirait qu'ils ont oublié que je suis encore en vie.
J'aurais pu répondre à toutes leurs questions.
Ma conviction profonde, qui persistera jusqu'au dernier souffle de ma vie, est la suivante: les gestes ont été posés parce que monsieur a été incapable de contenir sa frustration et qu'il voulait me punir.
Cette dernière réalité fait de l'ombre à une autre réalité plus subtile: Olivier et Anne-Sophie étaient heureux et acceptaient leur nouvelle vie.
Nous avons osé aimer une autre personne, ce qui a causé chez monsieur Turcotte l'impression qu'il était moins bon, moins aimable.
Soudain, l'image parfaite que monsieur voulait que les autres aient de lui volait en éclat.
Il perdait le contrôle qu'il nous imposait tous, depuis toujours.
Cette atteinte à son narcissime nous a été fatale.

DANGER

Sans revenir sur le verdict, il demeure clair pour moi que Guy Turcotte était dangereux avant le meurtre de mes enfants et l'est encore aujourd'hui.
J'ai suffisamment payé jusqu'à maintenant.
J'ai encore peur pour moi et le reste de la société.
Je veux vivre ma vie en étant en sécurité. J'aimerais qu'il ait une bonne évaluation de sa personnalité.
Il n'a pas eu de traitement, donc la bombe est toujours là.
J'aimerais savoir qu'il ne sera jamais à moins de 100 km de moi ou de ma famille et qu'il ne reviendra pas pratiquer dans l'hôpital où je travaille.
Chers membres de la Commission, j'espère que ma déclaration vous est pertinente et vous aidera à prendre la bonne décision.
Quant à toi, Guy Turcotte, au risque de me répéter, je ne veux plus jamais avoir à faire à toi.
Pour moi, tu es un LÂCHE.
Je ne te souhaite «RIEN», car peu importe ce que tu deviendras, le visage de tes enfants et le son de leurs voix te rendront misérable pour le restant de ta vie.

Isabelle Gaston



Source : LaMetropole.com

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