Mercredi, 23 décembre 2015

LES DEUX JARDINS

Où en sommes-nous dans nos efforts à parler ouvertement de ce que l’on vit? Les ami.e.s ont souvent la cote. Notre blonde/chum relégué.e. au second rang parce qu’elle/il est muet comme une carpe ou trop prompt à ne pas entendre notre besoin d’être écouté, par ses réactions virulentes.

 
J’ai chez moi de superbes toiles d’artistes connues ou non dont le seul regard ne suffit pas pour les contempler. Des musiques à faire danser chaque atome du corps pour l’éternité, à faire exploser l’âme de plénitude dans un ballet de lumière aussi chaud que confortable. Des livres qui transportent d’une seule phrase l’être en entier, projettent dans une soif de connaissance sans fin. Je suis entouré de personnes qui me nourrissent à bien des égards et réciproquement. Je suis satisfait. Je ne cherche pas ailleurs.

J’ai tout ce qu’il me faut qui m’amène la douceur, la beauté, le bien-être, du moins c’est ainsi que ma vie est confinée. J’ai appris qu’il me fallait me contenter de ce que j’ai. Du coup, je ferme la porte à tous ces autres artistes, peintres, musiciennes, auteures, cinéma. Je me suis conditionné, avec l’aide des autres, à n’apprécier que la beauté que je connais déjà, qui fait partie intégrante de ma vie. Le reste n’est que tentation.
 
Ne vous méprenez pas. Ne me prenez pas en pitié. Je ne suis pas triste. J’ai fait le choix. Un choix de fidélité à celles qui m’alimentent dans mes besoins et les comblent. On a beau me crier en pleine gueule que je me coupe du reste du monde, que j’occulte mes émotions, mes sentiments, mon ressenti, mes tressaillements, mes papillons pour l’ensemble de l’humanité qui m’entoure, rien à faire. Je demeure de glace en dépit du feu que l’on me crache au visage. C’est que voyez-vous, je suis quelqu’un de respectueux, moi. Je suis un être d’engagement qui, quand il donne sa parole, n’entend pas la reprendre.



Je me permets de couper toutes distractions qui m’éloigneraient du contrat tacite entre ces artistes qui m’allument et moi-même. Je leur dois l’exclusivité de mon regard, de mon excitation, de ma profonde reconnaissance et elles seules sont en mesures de répondre à mes attentes. Je n’arrive pas à concevoir que d’autres pourraient me faire vibrer autant. C’est pourtant l’avis contraire de mon entourage au quotidien. Ils insistent à me faire sentir coupable en proclamant sans arrêt que je fais du déni de réalité. Qu’est-ce qu’ils en savent, hein?

Je mens. Je me mens. Je mens aux autres. Je ne veux pas leur faire de peine. Je tiens à ce qu’ils soient bien. Mais avant tout, je crains leurs réactions. Parce que dans le fond, dans le fond de ma cour j’ai un jardin. Dans le fond de moi-même je cultive des rêves, des fantasmes. Je vois pousser des émotions, des sentiments pour d’autres personnes que celles que j’admire déjà. Ce n’est pas vrai que ces artistes sont les seules à me faire fondre, à me transporter dans des mondes jusque là ignorés. Je présente mon jardin extérieur à tout venant en le convaincant qu’il réussit à me satisfaire entièrement. J’évite ainsi de parler de mon jardin intérieur, celui que je nomme trop souvent le jardin secret.



L’inimaginable en est la culture permanente. Des chocs, des surprises dont je peine à accepter la présence. Ce n’est pas pour moi, m’entend-je murmurer. Comment voulez-vous que je puisse en glisser un mot à qui que ce soit? Et surtout à cette personne qui partage ma vie de tous les jours? Pourrait-elle seulement accepter que je puisse lui exprimer ce que je ressens pour quelqu’un d’extérieur à notre couple, même si cela n’implique rien d’autre qu’une bonne discussion entre nous deux?
 
Dans une vie de couple, un jardin est une culture qui se fait à deux. Ce fameux jardin n’a aucune raison d’être secret. Si je ne suis pas en mesure de récolter et de partager ce qui y pousse, à quoi bon l’entretenir? En ce sens, les secrets que l'on porte sont des blessures non guéries, ouvertes, qui s'aggravent et finissent par déchirer toute relation avec soi-même et avec les autres. Plus on attend pour en parler, plus l'ouverture nécessite d'être grande pour laisser passer le morceau en raison des proportions qu'a pris la peur de dire, cette peur d’affirmer ce qui est vivant en soi. Souffrance garantie.



Il est faux de prétendre que personne en dehors de celle qui forme un couple avec moi ne m’émoustille. Il est faux de prétendre que dans nos sociétés à la promiscuité journalière avec des centaines de gens connus ou non je ne ressente pas un brin d’attirance pour quelqu’un. Encore plus faux quand il est question d’un souper ou d’un party chez des ami.e.s où l’intimité y est d’autant plus accessible. Mais on se ferme la gueule. On n’ose pas avouer à notre blonde/chum que telle ou telle personne nous fait de l’effet. Ce serait la/le trahir, lui inculquer l’impression que dorénavant elle/il passera au second rang. Comme si l’on ne pouvait dire à tous nos artistes que d’autres artistes nous rejoignent profondément aussi dans ce qu’elles/ils font. Fidélité, exclusivité obligent.

Nos jardins intérieurs et extérieurs, soi avec soi-même, soi avec l’autre, doivent être en phase. Entretenir l’un au détriment de l’autre sans jamais les mettre à jour régulièrement finit par les détériorer ensemble. Je conçois que la capacité à formuler et à extérioriser son ressentit à quelqu’un qui vit à nos côtés est l’une des étapes fondamentales d’avancement de l’humanité. Prendre la parole est un acte de libération de soi. Encore faut-il que l’autre exerce aussi sa capacité d’écoute sans réagir comme si on l’attaquait directement, me direz-vous. Oui et non. Tout dépend du degré d’attachement (ou communément appelé amour: blogue du 16 décembre dernier) qu’il y a entre les deux d’une part, et de cette volonté à ce que chacun soit libre de vivre sa vie d’autre part.



L’écoute, sans réaction, sans jugement, est un besoin viscéral dans une relation. Dans certains cas, celle-ci peut même servir de levier de désir sexuel pour l’autre. Est-ce que les auditeurs d’un film dans une salle de cinéma interviennent constamment en coupant la parole aux actrices/acteurs du film? Non, ce serait la cacophonie et personne n’arriverait à suivre l’histoire. De plus, cette histoire, aussi émouvante soit-elle, ne nous vise pas personnellement. Elle n’a pas pour but d’être contre nous. Il en va ainsi dans un couple où l’une des deux personnes formule ouvertement ce qu’elle voit pousser dans son jardin.
 
Se retirer dans son monde intérieur par crainte de blesser l’autre peut paraître bien altruiste. Or, il n’en est rien. La motivation première réside dans le manque d’honnêteté envers soi. Cette peur d’être abandonné si jamais la vérité sortait au sujet des palpitations que je ressens vis-à-vis unetelle. Il n’y a pourtant aucun engagement de signé avec cette « telle », seulement des frissons qui parcourent l’échine et qui, le cas échéant, disparaîtraient aussi rapidement qu’apparus.

L’importance d’en parler se bute à un mutisme bien scellé. Pas étonnant qu’au moment d’ouvrir la bouche l’autre sort de ses gonds, pète une coche, réagit au quart de tour et n’entend plus rien d’autre que sa propre rage qui le ronge. On part de loin quand dans certaines relations, ni l’une ni l’autre n’ose s’avancer à dire à haute voix que cette comédienne, cet acteur et même cet.te ami.e commun.e lui fait de l’effet, sans plus, parce que la jalousie étouffe cette authenticité.


 
S’ouvrir à soi, c’est s’ouvrir à l’autre. Quel bonheur d’être entendu dans toutes les facettes de notre être. Pourquoi cette personne qui vit avec nous n’est-elle pas en mesure de nous recevoir comme un.e ami.e le fait? Elle/il a rien à perdre, tout à gagner. Un plaisir sans fin de vivre le moment présent en compagnie agréable. L’écoute allège, renforce la confiance en soi et en l’autre. C’est une invitation à communiquer à tour de rôle dans le respect le plus total. Le temps de la censure est terminé. J’apprends à dire. J’apprends à écouter. J’arrête d’avoir peur que le plaisir de l’autre signifie courir à ma perte. Nous sommes des êtres de courant, d’énergie, dont la fluidité doit se poursuivre afin de ne pas créer des nœuds physiques/émotionnels/sentimentaux qui nous paralysent dans notre épanouissement.

Si vous n’êtes pas en mesure d’être écouté par votre blonde/chum, commencez par donner l’exemple en écoutant. La difficulté consistera au début à tirer les vers du nez sur ce que cette personne vit dans son univers fermé. Une question par-ci, par-là, de temps à autre, en portant attention  à ce qui est dit sans réaction de votre part. Laissez couler. N’insistez pas une fois que le robinet est fermé. Répétez à nouveau au moment opportun. Le jour viendra où cette attitude défensive se transformera en habitude d’ouverture, de vulnérabilité, d’abondance de paroles à récolter, tellement elles étaient à point pour être cueillies. On ne parlera plus de communication, mais bien de communion.

Merci Anne Mergault (La Plume Affûtée) mise en texte. Annie Tremblay, directrice Web, correction, images.

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