Mercredi, 18 novembre 2015

VICTIME: UNE ESCROQUERIE

N’en déplaise aux écorché(e)s vives/vifs de tout acabit, il n’y a pas de victimes possibles dans l’univers, seulement des gens qui ignorent ou ont ignoré qu’ils sont responsables de ce qu’ils vivent. L’inconscience n’est pas valable comme excuse.

 
Une thèse avance que nous sommes toutes et tous un jour ou l’autre victime d’une situation, d’un évènement tragique, souffrant, qui nous tombe sur la tête comme par enchantement. Nous le vivons soit comme une punition, soit comme un châtiment, un karma qui nous colle à la peau. Perdue dans le tourbillon émotionnel que cela suscite, la raison dérape, la réflexion ne se pointe même pas au rendez-vous, la victimite pour toute réponse s’agite, s’impose. La facilité, la paresse intellectuelle par son inertie, lui offre la place réclamée.

Le sort de la vie réglé en un tour de main avec des conséquences désastreuses. Les sauveurs surgissent des profondeurs abyssales. Astreints à leur tour à devenir victime de la victime pour leur survie, leur dépendance d’existence.
 
Remettre en question l’hypothèse de la maxime implicite qu’est la victimisation ne doit pas être interprété comme un manque de sensibilité ou d’empathie vis-à-vis des gens qui expérimentent une situation bouleversante. Ce serait là une interprétation malheureuse des intentions premières, à savoir démystifier cet engrenage routinier qu’est la notion de victime. Ne nous privons pas pour cette raison de venir en aide aux gens dans le besoin. Cette démystification propose une seconde thèse. Au-delà de la théorie, et ce que l’autre thèse n’offre pas, c’est la mise en pratique qui libère l’être de sa prison émotionnelle et sentimentale.



Elle avance donc que les victimes ne peuvent exister réellement parce que chacun crée ce qui lui arrive, que cette création se vérifie au quotidien. En d’autres mots, chaque être humain est responsable, garant et créateur de tout ce qui se manifeste dans sa propre vie, de ce dont il a conscience. De l’enfant naissant au plus âgé de la planète, rien ni personne que soi ne peut décider quelles expériences nous conviennent le mieux dans cette vie, comme dans les précédentes ou les suivantes. Dotés du libre arbitre, de cette capacité à choisir, nous ne pouvons être que les artisans de notre malheur ou de notre bonheur, encore que malheur et bonheur ne fassent référence qu’à la manière dont nous polarisons un évènement.


 
La culture de la victime, puisqu'il s'agit réellement de culture, contrairement aux autres cultures, s’avère universelle. Tout le monde sur le même pied d’égalité, sans considération de race, de genre, de religion. Non seulement elle est admise comme allant de soi, mais elle est également renforcée au quotidien par tous les médias de masse, chérie dans les familles, citée et encouragée dans les écoles. D’abord, sur quoi repose l’idée d’être victime de quelqu’un ou de quelque chose? Sur l’ignorance de qui nous sommes, créatrices/teurs à 100% de notre humanité, sans maître, sans gourou, sans Dieu extérieur à soi. Cela nous l’avons compris (étayé dans tous mes articles).

Alors, pour le jeu de l’introspection, livrons-nous à essayer de répondre en toute sincérité à ces contradictions victimaires. Est-il possible de démontrer que ce qui arrive, que ce soit un incendie, un vol, un viol, un meurtre, une guerre, le terrorisme (dernier exemple de sac politique fourre-tout où dans l’histoire s’opère un glissement de sens quand l’État était le violent, le bourreau, le terroriste et qui maintenant se retrouve en position de victime, qui subit la violence terroriste) que cela ne devait pas arriver? Pouvons-nous, preuves à l’appui, établir sciemment un lien irréfutable entre une situation catastrophique et ses bourreaux (coupables) tout en évacuant la responsabilité de la ou des personnes concernées, la/les "victime.s"?

 

Quel chemin tortueux emprunterez-vous pour absoudre celle qui se dit victime? Quand les circonstances nous happent de plein fouet, c’est que ce sont celles-ci que nous devons vivre et pas d’autres, autrement nous ne les vivrions pas. Cela tombe sous le sens. Pourquoi ne nous sentons-nous pas victime d’avoir un travail valorisant, un logement harmonieux, un entourage vibrant d’amitié et ainsi de suite?  Ah!? Tout  à coup, c’est nous qui serions  responsables de notre bien-être, jaugé sur l’effort, les pensées positives, l’univers qui déverserait son abondance, parce que nous avons compris et mis en application les lois du bonheur? Par contre, dès que cela bouscule un tant soit peu notre confort mental, boum, nous ne sommes plus responsables de rien et changeons de statut pour devenir victimes? Inquiétant et malsain.

Rajoutons à cela les notions vaporeuses que sont le hasard, les probabilités que certains prennent plaisir à invoquer, pour déclarer béatement qu’ils déterminent une part importante de ce que nous traversons comme épreuves dans une vie. Ce type d’endoctrinement me fait plus peur que n’importe quelle maladie (faussement) contagieuse. Comment arrivent-elles à prêter à celles-ci une volonté, une intention, une autonomie viable qui décideraient de notre sort, alors que ces qualités et attributs sont entièrement de source et de substance humaine? Un bel exemple de projection, pour ne pas dire un refus de se responsabiliser en totalité.


 
En quoi le gavage de la victimisation est-il si grave? Pas grand chose, en fait. Ou peut-être un peu, beaucoup, énormément, à la folie; un rejet de l'implication de soi dans la/le cour  de son histoire personnelle à travers ses pensées, ses actes, ses paroles. Une infantilisation à outrance. Même que l’infantilisation ne convient pas pour décrire le phénomène. Il n’est pas suffisamment explicite, l’image ne renvoie pas avec assez de force, ce que c’est que de croire aux victimes, en plus de nuire au monde de l’enfance. Chaque fois que nous proclamons qu’une personne est victime de quoique ce soit, nous lui retirons son pouvoir, la rangeons sur les tablettes de l’incapacité.

Invalide, impotente de corps et/ou d’esprit, elle devient dépendante de celles qui l’ont jugée telle. Pour s’en sortir, ce qu’elle ne peut réussir tant qu’elle est dans cette stigmatisation, sa vie consistera à se brûler encore plus afin d’obtenir gain de cause, faire payer ses bourreaux, quémander de l’aide à des sauveurs-manipulateurs. Une vie de détresse par un insipide diagnostic. Le diagnostic, vous vous en souvenez, étant une sorte de magie, de vaudou, qui jette un sort, alors que le pronostic, dans la même foulée, prédit l’avenir. La conscience enregistre la condamnation, le diagnostic, l’envoie aux cellules qui elles, activent le processus. L’être se crispe, craint désormais de vivre, cimenté dans la survie.


 
De plus en plus de gens tentent d’éluder le triangle victime-bourreau-sauveur pour garder la possibilité d’avoir des montées de lait sur tout ce qui bouge en criant au scandale. Nous voyons le terme survivant.e remplacer le terme de victime, politically plus correct. De cette manière, ils peuvent encore manifester leur mécontentement en accusant les autres. Les autres, c’est le danger, l’ennemi extérieur. Pour s’en protéger, il faut faire appel aux forces de l’ordre, à l’armée, à des tueurs à gage, au gouvernement, aux banques, à la pseudo médecine, au scientisme. Il faut solidement s’ancrer dans le marketing des assurances, y dépenser une fortune, en dépit que rien n’arrivera en garantie.

À l’inverse, payer c’est souvent s’assurer que cela arrivera, mais que l’on s’en fout puisqu’il y a dédommagement, en principe garanti. Pas plus que les assurances, les lois n’empêchent rien d’arriver.  Elles suscitent encore plus de peur, figent la victime dans un rôle qu’elle prend au sérieux. Être victimes, cautionnées par ses paires, soutenues dans une foi aveugle d’étranger de soi-même, nous ne pouvons qu’en conclure à un malentendu profond de la grandeur infinie de l’espèce humaine. Une cession en bonne et due forme à autrui de notre capacité à décider et créer. Nous ne pouvons pas plus démoraliser, miner l’être, lui vampiriser son énergie, lui retirer sa capacité de créativité, d’autonomie, de devoir envers lui-même qu’en le traitant de victime. Indignez-vous de ce que vous utilisez comme langage avec ses répercussions au lieu de chercher des fautifs.


 
La victimisation est un des business les plus lucratifs qui soit. Les lois, les assurances, les gouvernements, Big Pharma, les associations de victimes, les syndicats, les défenseurs des droits pour hommes, femmes, enfants, homos, transgenres, réfugiés, animaux, mettez-en, trouvent une raison de vivre à travers leur défense de la veuve et de l’orphelin. Enlevez toutes références qui se rapportent aux victimes et l’économie s’effondre. « Mais qu’est-ce que je vais devenir si je n’ai plus de combat à mener, si je ne peux plus m’offusquer sur rien, où trouverai-je un sens à ma vie? » Est-ce dans ce but que nous continuons à parler de victime, pour se rassurer soi-même sur notre propre sort et notre importance aux yeux des autres?

C’est tellement dénigrant et abêtissant pour la race humaine de se traiter ainsi. Faut-il se surprendre que la planète va de mal en pis, du fait que ce soit toujours la faute des autres? La tristesse est une chose, dramatiser en est une autre. Les deuils de changements de vie ou de mortalité doivent se vivre. Ne pas impliquer la notion de victime dans sa vie n’engage pas à rester de glace devant l’effondrement d’un rêve, la disparition d’un être cher, la violence, l’abus. Par contre, nous choisissons ce qui nous convient de vivre avec la conscience dont nous disposons. Quoique difficile à accepter, il y a toujours un cadeau qui vient avec une situation jugée intolérable, injustifiable. C’est ce que le regard de chacun aurait intérêt à admirer, la mise en place de l'oeuvre qui lui appartient. (Mon côté sauveur sentait le besoin de vous partager ce texte).
 
Chaleureux remerciements à Anne Mergault (La Plume Affutée) pour la remise en texte. Annie Tremblay, directrice Web, correction, images.

ÉDITIONS 180 DEGRÉS

SERMENT D’ALLÉGEANCE: OBÉISSANCE ET SOUMISSION
Amanda Adler - 22 novembre 2018
Nom (pseudo)
Courriel (non-divulgé)
Lien Youtube
Réagissez à cet article.
Je désire m'inscrire à l'infolettre La Métropole.
Saisir les 5 caractères
ok