Mardi, 26 mai 2015

MARIE UTOPIA

Il me fallait donc aussi mettre quelque chose sur la table : j’ai à regret choisi mes tripes. Je n’ai plus mes tripes. J’ai mal au cœur.

 
Entre les rêves ébranlés par l’éveil et les pâtes blanches assaisonnées de sel et poivre, j’ai réussi à la revoir. La pauvreté crève le social et laisse l’empreinte de la honte sur ceux qui la subissent. Le calumet de paix couvre la création d’un nuage de paresse et l’alcool tue les hommes sensibles comme moi : je me crève. Pourtant et malgré tout, il me semblait possible d’impressionner Utopia avec mes ouvrages, ma grande gueule et mon travail auprès de la communauté, mais voilà, je ne suis pas ce que je fais. Maintenant, elle le sait.

J’ai rencontré celle que j’appelle Marie-Utopia dans un bal où j’étais précisément engagé pour porter mon masque bleu bonheur et arc-en-ciel. À cette même soirée, j’avais enfilé mes habits de Don Juan et invité trois femmes à danser avec moi. L’une avait poliment décliné l’offre. L’autre est devenue ma copine, puis mon ex et enfin, un nom inscrit dans l’un de mes romans. Et, la dernière, Marie Utopia se transformait en amie virtuelle.

Utopia était pour moi une fille banale à qui j’avais fait faux bond lors d’une soirée où je me sentais particulièrement charmant-charmeur : rien de plus. Pourtant, un soir d’avril, deux ans après ma saloperie, elle se retrouvait chez moi à siroter un vin fait par mon parrain et acheter par ma famille au coût de 5 $ la bouteille. La viande dans les assiettes était une gracieuseté de mes parents. Le plat à fondu, un cadeau de mon cousin et la table sur laquelle nous mangions, une générosité de mon’oncle porto. Tout pour elle. Rien de moi.

Il me fallait donc aussi mettre quelque chose sur la table : j’ai à regret choisi mes tripes.
Je n’ai plus mes tripes. J’ai mal au cœur.

Utopia menait un monologue rapide et sans ficelles qui m’a étrangement permis de retrouver chez elle, quelque chose de loin en moi. J’ai fermé ma gueule et écouté cette fille que j’imaginais banale. À travers son histoire, ses maux et sa douleur, son courage et sa verve, j’ai retrouvé cette hargne qu’il me fallait pour combattre et vivre. La fille ordinaire, la Marie est devenue avec les minutes et les mots, celle qui a hanté mes dernières nuits, Utopia.

Marie Utopia.

Je n’ai plus mes tripes. J’ai mal au cœur.

À la fois déterminé et apaisant, son regard valsait de mes yeux à mon corps. Il suivait mes mouvements de manière à comprendre ma gestuelle saccadée. En deux heures à peine, elle avait scruté mes actions et commenté mon non verbal avec une précision d’analyste corporelle : j’étais renversé! Sur moi, l’intelligence et la répartie d’une femme ont le même effet que les porte-jarretelles chez d’autres. Dans ses mains, elle avait apporté le masque bleu bonheur et arc-en-ciel qu’il me faut porter pour ne pas mourir de peine. Alors et guidé par un désir bien avoué, j’ai demandé un second rendez-vous.

Bulldozer de courage. À bas les murs de la honte. À bas les barricades inventées. À bas les murailles et les armures qui m’enferment. Tonnerre. Coup de cœur, coup de foudre, coup de tête, je l’embrasse.

Elle dit que j’embrasse bien. Miracle. Je n’embrasse plus. Je n’embrasse plus depuis que j’ai embrassé celles que je ne désirais pas. Maintenant, quand je baise, je baise.

Pourtant, j’ai embrassé Utopie. Plutôt, un petit garçon l’a embrassée. L’homme perdu a retrouvé le garçon en moi et a touché cette femme comme si c’était la première qu’il touchait. Ce sentiment, je le croyais éteint à jamais. Maintenant, je sais que tant qu’il y a une étincelle, le feu peut prendre. Il a pris.

Je sais avoir toujours mal aimé. Comment bien aimé quand nous nous détestons une nuit par jour? Comment bien aimer le ventre vide, le cœur plein, la tête qui tourne et les bras en sang? Je sais mal aimer. Mal vivre. Mal jouir et mal être. Il n’est donc pas surprenant que je sois mal vu, malaisé et malsain.

En deux semaines et quelques mots, j’ai réussi à saboter ce qui aurait pu être ma première relation saine depuis deux ans. En deux semaines et quelques maux, quelques goûtes rouges et quelques verres de trop, j’ai transformé un feu en incendie, il a tout consumé. Bien que je comprenne sa retraite et que je ne sois pas disposé à bien aimer, j’aimerais dire… j’aimerais être… j’aimerais écrire…

Marie Utopia…

Tu voulais un blog, tu l’as.

Je n’ai plus de tripes. J’ai mal au cœur.

Marie Utopia…

Tu voulais un blog, tu l’as.

LES OPINIONS EXPRIMÉES SONT CELLES DE L’AUTEUR ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT CELLES DU PORTAIL DU GRAND MONTRÉAL LaMétropole.com

SOCIÉTÉ MF


REJOIGNEZ-MOI SUR FACEBOOK

JEAN-CHAREST TERMINE SON ŒUVRE
Very interesting is what you write. http://carpentry-london.co.uk

carpentry-london.co.uk - 24 novembre 2017
Aptoide is a distributed marketplace for the apps for Android operating system smartphones.

https://aptoideapkapp.com/
download aptoide apk - 25 novembre 2017
Aptoide is a distributed marketplace for the apps for Android operating system smartphones.
aptoide apk

aptoide apk - 25 novembre 2017
Good composed article. It will be steady to any individual who uses it, including me. Continue doing what you are doing – can't hold up to peruse more posts

arctic blast




seth dean - 19 janvier 2018
Great post. I found your website perfect for my needs www.kensington-escorts.org

kensington - 6 février 2018
Welcome to the Best writer Review, Here you can get the best All Assignment Help review sites. We strongly urge you to check our entire website once and we will assure you will find this review website very useful. Our hard work will be rewarded if students like you will appreciate our effort and spread the message about this site with your class-fellows and friends.

best writers reviews - 18 mai 2018
Nom (pseudo)
Courriel (non-divulgé)
Lien Youtube
Réagissez à cet article.
Je désire m'inscrire à l'infolettre La Métropole.
Saisir les 5 caractères
ok